Une conversation de notes entre Russes et Européens

Nous sommes au XIXe siècle. La musique orthodoxe russe connaît alors une mutation décisive. Sur le socle du chant slavon se greffe un langage polyphonique qui se nourrit du romantisme européen, et plus particulièrement germanique. À Saint-Pétersbourg, une véritable « école germano-pétersbourgeoise » est créée et permet à la tradition liturgique russe d’entrer en dialogue avec l’héritage de Bach, de Mendelssohn ou de Brahms. C’est cette « conversation des notes » que le chœur Yaroslavl de Yan Greppin va offrir en musique le 6 septembre prochain à l’église du Sacré-Cœur de
La Chaux-de-Fonds (17 h)

Alexander Arkhangelsky (1846–1924), vous ne connaissez probablement pas son nom et c’est pourtant cet homme, formé à la Chapelle impériale, qui a ouvert des portes que d’autres auraient assurément laissé fermées. En introduisant un chœur mixte en lieu et place des voix de garçons dès 1880, il a offert des possibilités nouvelles de tessitures et de couleurs, qui ont durablement marqué la pratique chorale orthodoxe.

Un héritage qui prit plusieurs formes

Autour de lui, une constellation de compositeurs façonne ce paysage dont Dmitri Bortniansky (1751–1825), figure de transition entre classicisme et romantisme. Attention , on entre dans du technique : il y a aussi Grigory Lvovsky (1830–1894), maître de la psalmodie harmonisée (technique vocale à connotation religieuse consistant à réciter un texte sur une note unique). Alexeï Lvov (1798–1870) relie quant à lui le style de cour à la sensibilité romantique. Un autre Alexander – Kopylov (1854–1911), héritier pétersbourgeois de Rimski-Korsakov – fait partie de cette mouvance. Mais également Evgueni Azeev (1851–1918) qui approfondit la dimension contemplative de la liturgie.

Une quinzaine d’œuvres a cappella
Plus près de nous, Vladimir Fainer (né en 1966) prolongea ensuite cet héritage en assumant une filiation explicite avec Bach. Bref, cette histoire commune – de Bortniansky à Arkhangelsky et jusqu’à Fainer – est celle qui vous sera donnée à entendre par l’ensemble Yaroslavl à travers une quinzaine d’œuvres a cappella, montrant comment la liturgie russe s’est nourrie de l’Europe romantique et bachienne sans renoncer à sa profondeur contemplative.

En plus de celle prévue au Sacré-Chœur de La Chaux-de-Fonds (6 septembre, 17h), d’autres représentations auront lieu au temple de Môtiers (2 septembre, 20h) et à la Basilique Notre-Dame de Neuchâtel (5 septembre, 20h).

 

En plus de celle prévue au Sacré-Chœur de La Chaux-de-Fonds (6 septembre, 17h), d’autres représentations auront lieu au temple de Môtiers (2 septembre, 20h) et à la Basilique Notre-Dame de Neuchâtel (5 septembre, 20h).

 

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