« Ça y’est, on le donne enfin ce premier coup de pioche ! » Tel est le cri libérateur d’un ouvrier présent ce 10 septembre pour le lancement du percement du tunnel des Arêtes. Tantôt présenté comme le prolongement du tunnel de la Vue des Alpes, tantôt comme le début d’une nouvelle histoire pour La Chaux-de-Fonds, l’ouvrage d’environ 1.2 kilomètre représente un « investissement sur l’avenir » de 186 millions. « À la hauteur de la transformation qu’il représente pour l’attractivité de la ville », a lancé le Conseiller d’Etat Laurent Favre.
« Ses détracteurs affirment qu’il ne casse pas de brique, Laurent Favre va démontrer le contraire par la démonstration », rigolait Alain Koenig, responsable cantonal de l’Office des constructions et des aménagements routiers. Le Conseiller d’État était alors en train de s’entraîner à manier le marteau brise roche qu’il allait utiliser pour donner le premier « coup de pioche » au futur tunnel des Arêtes, pièce maîtresse du contournement Est de La Chaux-de-Fonds.
Un plébiscite populaire : 77% de « oui »
« Je suis en passe d’obtenir mon permis, soyez rassurés », rebondissait-il dans une bonne humeur tout sauf anodine. Bien que l’ouvrage et son crédit d’investissement de 186 millions de francs – dont 110 seront financés par la Confédération – aient été plébiscités par la population en 2021 (77% d’avis favorables), les obstacles n’ont pas manqué jusqu’à ce grand lancement. « Cette journée peut sembler symbolique aujourd’hui mais elle ne l’est pas du tout en réalité. Cela récompense énormément de travail, de patience et d’abnégation. Il a fallu se battre jusqu’à la cour européenne des droits de l’Homme pour y arriver », a expliqué Laurent Favre. « Mais on est finalement arrivé à ce jour si important pour l’attractivité de La Chaux-de-Fonds, son économie, sa qualité de vie et son avenir. »
« Le prolongement de la Vue des Alpes »
« Ce premier coup de pioche signifie ni plus ni moins que le prolongement du tunnel de la Vue des Alpes », a renchéri Gilles Lequertier d’Infra Tunnel (directeur du consortium d’entreprises en charge des travaux). Nous sommes conscients de participer à quelque chose d’autrement plus grand qu’un simple chantier. Notre responsabilité est aussi forte que le soutien populaire à ce projet et au dynamisme qu’il apportera à la région. » L’homme a également tenu à apporter quelques détails techniques et promet « une véritable démonstration du savoir-faire romand et neuchâtelois. » Il s’est aussi engagé sur des actes très concrets comme l’utilisation de ciment et d’acier helvétiques ainsi que celle de carburant HVO. Une forme de « diesel végétal » fabriqué à partir de résidus et de déchets qui contiennent des graisses comme les huiles végétales usagées. « Environnement parlant, c’est un gain d’au moins 80% sur les émissions émises dans l’atmosphère par rapport au diesel fossile. »
Centre-ville : 22’000 voitures par jour
L’évolution a toujours servi notre région montagneuse et auparavant isolée. « D’ailleurs, les tunnels ont eu un grand rôle de développement par le passé. Au 19e siècle, il a d’abord fallu faire arriver le chemin de fer dans le Haut puis créer des infrastructures comme lors de la construction des galeries souterraines pour faire venir l’eau potable depuis l’Areuse (1887). Paradoxalement, on se rend compte que creuser des tunnels a apporté de la lumière sur la ville en tout temps », a relevé le Conseiller communal chaux-de-fonnier Thierry Brechbühler. « Lorsqu’un territoire est confronté à un obstacle, il faut trouver un moyen de le franchir ou de s’en affranchir. La Chaux-de-Fonds est traversé par un important trafic de transit au centre-ville (22’000 véhicules quotidiennement). Ce n’est pas un problème en soi mais c’est à nous de réfléchir comment organiser plus efficacement les déplacements pour délester le centre-ville des véhicules qui ne font que passer. » Cette question à 186 millions sera donc bientôt résolue grâce à peu de chose finalement : 1.2 kilomètre de tunnel (et tout ce qu’il y a derrière bien évidemment).





























