Vivace, le Style sapin renaît de ses cendres

Bernadette Richard

Voyage dans le temps avec la réédition de l’ouvrage de Jean-Bernard Vuillème.

L’ego surfait de personnalités masculines du début du XXe siècle a longtemps privé La Chaux-de-Fonds d’une reconnaissance internationale dans le domaine de l’art : le Style sapin a dû attendre un siècle pour s’inscrire dans le parcours européen de l’Art nouveau.

Certes, La Tchaux ne sera jamais Prague, ni Vienne, Bruxelles ou Barcelone. Encore que… cherchez le détail, dans cette ville discrète qui ne se donne pas au premier coup d’œil, vous trouverez des merveilles.

C’est l’histoire de ces merveilles que raconte l’écrivain et journaliste Jean-Bernard Vuillème dans son ouvrage Le Style sapin à couteaux tirés qui vient d’être réédité.

Le livre regroupe ses articles parus dans L’Impartial entre 2004 et 2006, à l’occasion du centenaire de la création du Cours supérieur d’art et de décoration de Charles L’Eplattenier, peintre, sculpteur, architecte, enseignant aux visions novatrices. Il insuffla à l’Ecole d’art une énergie avant-gardiste, qui s’accompagna de la naissance d’une facette unique de l’Art nouveau, le Style sapin, appliqué à l’art et à l’artisanat, horlogerie en tête. Entre 1905 et 1914, la Métropole rayonnait dans le domaine de l’esthétique. Il se fit des disciples et… des ennemis, dont le socialiste Paul Graber, ennemi juré de l’Ecole d’art, version L’Eplattenier. Celui-ci démissionna en 1914 et poursuivit sa route d’artiste. Parmi ses adeptes, le peintre Charles Humbert, le sculpteur Léon Perrin, et Charles-Edouard Jeanneret, que son maître poussa vers l’architecture, où il décrocha une renommée mondiale sous le nom Le Corbusier. 

Les combats de coq qui mirent un terme au délicat Style sapin témoignent une fois encore de la bêtise humaine. Mais aujourd’hui, les habitants de La Tchaux et les curieux de tout poil retrouvent enfin ce fabuleux trésor. Le livre de Vuillème est une bible de cette glorieuse époque.

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