Théâtre ABC : les dessous d’un programme

Yvan Cuche
Codirecteur du Centre de culture ABC

A l’invitation d’écrire quelques mots sur le programme de demi-saison du théâtre ABC, j’ai répondu que c’était sûrement une bonne idée, d’autant qu’il me semblait plutôt « réussi ». Mais avec quelques mots, une liste serait fastidieuse, et le focus sur un seul événement, bien réducteur.

Alors, qu’est-ce qui me donne l’impression qu’une programmation est réussie ? Il faut avoir en tête que ce ne sera jamais qu’une impression. Que de surprise en surprise, la réussite, jamais certaine, ne se mesurera qu’après coup, au fil de rencontres qu’on désire les plus adéquates et joyeuses entre ces propositions et un public (sans parler d’une possible sanction comptable, qui pourrait nuancer le verdict).

Ingrédient indispensable ? Il me vient le mot « équilibre ». Mais ce qu’il trimbale de poncifs est embarrassant: lisse, tranquille, consensuel,… alors que je cherche les aspérités, une forme d’inconfort – du mouvement en tous les cas – et une parole qui peut diviser.

Des « tensions » peut-être ? Entre une héroïne antique, ANTIGONE, et une contemporaine, NINA SIMONE. Entre la confidentialité d’une création d’apprenti·es comédien·nes (ON PEUT PLUS RIEN DIRE) et l’accueil de poétesses réunies à l’affiche du plus prestigieux des festivals francophones (SHAEIRAT). Entre la légèreté grinçante d’un stand-up (triste, certes: RESILIENCE, MON CUL !) et des réflexions sur le post-colonialisme (VIELLEICHT). Pour un premier ensemble contemporain, confronté à un instrumentarium fait de bric et de broc (SUITCASE SUITE), ou un second partageant le plateau avec un trio punk féministe (VERS LA FLAMME).

Toutes ces tensions, pour un peu de détente, DANS L’ATTENTE DE JOURS MEILLEURS DONT IL SERAIT FÂCHEUX DE DOUTER…

 

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