Mike Horn passe un cap

La chrÔnique Ô Pimpin

D’abord remettons quelque peu les choses à leur place, Mike Horn n’est pas un explorateur mais un voyageur de l’extrême blindé de sponsors au poignet qui fait rêver le grilleur de saucisse à la panse replète et les directeurs marketing de boîtes de montre. Ce n’est pas parce que tu bouffes des mille-pattes et danses un slow avec un Anaconda géant au fin fond de l’Amazonie que t’es un explorateur. Au pire, t’es con, car tu peux très bien le faire au Vivarium de La Chaux-de-Fonds. Un explorateur, ça explore, ça découvre. Mike Horn ne découvre rien, par contre on découvre Mike Horn.

Cet homme qui murmure à l’oreille des grenouilles venimeuses et qui sait faire du feu même sous l’eau n’a pas fait que ça dans sa vie. Avant de traverser le pôle Nord en tongs connectés 5G, notre aventurier qui arrive à boire cul sec un litre d’urine de yack à -40 s’est fait les mains d’une autre manière. En butant du négus dans les township de Soweto au nom de la patrie reconnaissante. Car à l’époque de l’Apartheid, pourquoi d’ailleurs parler du passé alors qu’il est toujours présent – ce n’est pas parce qu’il y a eu Mandela au pouvoir que tous les noirs ont eu le pouvoir – le bataillon 101 tel un troupeau de hyènes assoiffées, a occis dans les règles de la guerre secrète le dangereux homme noir qui ne voulait plus jouer à « Qui a peur de l’homme blanc ? ». Le grand Mike faisait partie de ce groupe de joyeux boy-scouts qui ouvraient la discussion à la pointe de la baïonnette en éructant des flots de poésie namibienne avec l’haleine rance d’un homme qui dira plus tard qu’il n’a jamais été raciste.

C’est vrai qu’après une bonne douche au pipi de chameau et un tequila boum avec deux brochettes de scorpions grillés, le Mike se sent des ailes, celles de la liberté. Départ pour la Suisse, sa nouvelle patrie.

Ambassadeur du canton de Vaud, jusqu’à quand, Big Mike, l’homme qui peut se recoudre une plaie béante avec des aiguilles d’oursin en chantant la Javanaise, parviendra-t-il à traverser de nuit, tout nu, sans la moindre balise de secours, la banlieue de Soweto ? Il regrettera ce tango endiablé avec un mamba vert ce fameux soir de pleine lune à l’embouchure de l’Orénoque.

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