« L’école d’ing’ » de retour dans les Montagnes

Alireza Baheri

Le Locle retrouve son école d’ingénieurs 15 ans après le psychodrame. Crystel Graf et Sarah Favre, présidente de la Mère-Commune, s’en réjouissent

Le Canton vient de présenter son projet d’assainissement de l’ancienne École d’ingénieurs du Locle. Le site déserté depuis 2008 verra pour 2028 naître un campus autour des domaines microtechniques et horlogers.

Un centre de compétence national du pôle d’innovation Microcity s’y installera aussi. Cette annonce survient quinze ans après le déménagement de ce fleuron à Neuchâtel qui avait ulcéré la population montagnonne. Crystel Graf, conseillère d’État en charge de la formation et Sarah Favre, présidente de la ville du Locle, se réjouissent de ce projet HDV7 (en référence à l’adresse de l’établissement) : « C’est un très beau projet pour les Montagnes neuchâteloises », lance la première. « Une grosse plus-value pour la Commune », complète la seconde.

La décision de 2008, vécue comme une injustice par le Haut, où une pétition avait été lancée en vain, avait été décriée comme affaiblissant la Ville, creusant encore les disparités des investissements entre le Haut et le Bas. Un psychodrame dont se rappellent les deux politiciennes, âgées respectivement de 22 et 16 ans à l’époque : « C’était une grande perte et une triste réalité pour la Ville », se souvient Sarah Favre. Crystel Graf se rappelle parfaitement de l’écho de cette décision : « l’émotion était à son paroxysme et le sujet de toutes les discussions dans les Montagnes. »

Début des travaux en 2026 La bataille a été longue pour que l’État rende au Locle, où ne se trouvait plus que la HE-Arc ingénierie, la formation des autres jeun·e·s ingénieur·e·s du canton, un secteur primordial. « Quand vous devez faire voter un crédit de 44 millions au Grand Conseil (voté en janvier 2020), ce n’est jamais gagné d’avance », relève Crystel Graf. Un projet qui « fait sens » pour la Chaux-de-Fonnière, dans une des deux villes à l’excellence microtechnique reconnue et inscrites à l’UNESCO pour leur patrimoine horloger.

Inoccupé depuis 2008, le campus accueillera une centaine de personnes réparties aujourd’hui sur les sites chaux-de-fonnier et loclois de la HE-Arc.

Prochaine étape : réhabilitation des locaux avant la conceptualisation finale du projet. « On a un projet de bâtiment, mais le contenu précis reste à définir », note Crystel Graf. « Cela évitera cette dent creuse en plein centre du Locle », s’exclame pour sa part Sarah Favre. « Il faut savoir où mettre les prises électriques », rajoute la conseillère d’État.

Les travaux débuteront en 2026 avec pour objectif une entrée en fonction pour 2028. Les deux femmes ne s’en cachent pas : elles auront à cœur d’y assister en tant qu’élues.

L’avenir nous le dira !

(Cédric Schärer Architecte Sarl)
(Cédric Schärer Architecte Sarl)

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