Julien Gressot, valeur sûre du POP : « Notre parti est d’abord un collectif »

Anthony Picard

Tombé dans la marmite révolutionnaire à l’âge de 16 ans, il est la figure monta nte de son parti. « Notre action anti-Blocher pour refuser sa venue à Polyexpo » est encore dan s les mémoires

Pour mener ses campagnes en faveur de la justice sociale, le POP possède en Julien Gressot un actif combattant qui sait se faire respecter pour devenir respectable, notamment grâce à son sens du consensus. Il l’a prouvé en 2023 avec l’accord trouvé sur la nouvelle redistribution des subventions versées par Berne au titre d’aide aux régions de montagnes. Au final, après des empoignades avec le Conseil d’État et un travail d’influence au Grand Conseil, c’est lui qui sort vainqueur en acceptant de retirer « son » initiative. Ce retrait a permis d’éviter de voter sur la question, ce qui aurait suscité des tensions entre le littoral et les régions d’altitude. « Au vote, seuls trois députés se sont abstenus, du jamais vu sur un sujet aussi épidermique que celui-ci », commente le député. « Le travail au sein de la commission a bien fonctionné. »

Prêt à défendre « la veuve et l’orphelin », ce futur docteur en histoire cumule les postes à responsabilités et les actions politiques (il a dès ses débuts fondé le Mouvement de la jeunesse du POP avec des copains qui se battaient pour la justice sociale). Marié et papa de deux enfants, ce vieux briscard de 37 ans, qui cumule vingt années de politique, nous a ouvert la porte du Nord 89 pour une grande interview.

– 2023, l’année du succès. Et 2024 ?
– En qualité de chef de projet, je vais m’engager à fond dans une fantastique création de l’association Automates & Merveilles regroupant trois musées autour de l’Observatoire cantonal de Neuchâtel et de la mesure du temps. Ce grand projet muséal qui s’inscrit dans la continuité de ma thèse, que je soutiendrai en février, va m’occuper à 100 %. Le défi est d’arriver en 2026 en proposant une exposition complémentaire dans les trois musées et sur le site historique de l’Observatoire au Mail. Dans ma fonction politique, l’enjeu cantonal sera de reconquérir en 2025 une majorité de gauche au gouvernement et au Grand Conseil. À l’échelon communal, nous cherchons à consolider notre position au Conseil communal et voulons assurer la relève au Conseil général. Même si la période de recrutement post Covid est moins foisonnante qu’auparavant, nous disposons de bonnes et bons candidats.

– Denis de la Reussille qui chute, Sarah Blum qui fait du surplace, le POP à bout de souffle ?
– Pas du tout, tout d’abord le POP est un collectif, de plus, malgré le « surplace », tout en demeurant à un niveau élevé, constaté dans les Montagnes, le parti affiche d’excellents résultats sur le littoral. Il faut se souvenir que d’avoir maintenu un siège au National pendant deux législatures (ndlr sur quatre élus au National) a été plus qu’honorable pour le POP. À l’automne dernier, dans un contexte de forte progression de l’UDC, il devenait compliqué de sortir notre épingle du jeu avec le PS qui a su capitaliser sur nos thèmes de campagne.

– Hormis une députée de Fleurier, tous les Popistes viennent des Montagnes…
– Globalement, nous devons renforcer notre base en attirant de nouveaux adhérents. Sur le littoral, il y a l’enjeu fort de développer notre section et la volonté d’en fonder une au Val-de-Ruz. Créer une nouvelle section demande davantage d’énergie: ce n’est pas comme adhérer à une section qui existe déjà . Je suis satisfait des soutiens reçus et de l’influence générale du POP dans la formation ou l’état social.

– Pourquoi défendre deux hôpitaux quand la qualité dépend pour une fois de la taille ?
– Parce que ce sont deux hôpitaux complémentaires qui ont été demandé par le peuple en février 2017. Je suis conscient que Pourtalès est au bout de ses capacités et je ne m’offusque pas des accords entre RHNe, le CNP et Admed ni du rapprochement entre RHNe et Volta. Je réclame seulement que l’État investisse dans l’hôpital de La Chaux-de-Fonds pour la santé des patients et respecte la volonté populaire. Aujourd’hui, nous devons vivre avec la réalité de ces deux hôpitaux tout en sachant que le notre est vétuste et que celui du littoral est saturé. Au-delà de ce souci cantonal, ce qui m’inquiète c’est la pression mise sur la population via l’explosion des coûts de l’assurance maladie. Il devient urgent de revoir le système de santé suisse et de prévoir des réformes, dont celle de la caisse unique.

– Qu’est-ce qui réjouit, inquiète, le Chaux-de-Fonnier que vous êtes ?
– Je souligne la qualité des événements culturels et sportifs et des services qu’offrent la Ville qui sont de haute qualité. Ce qui m’inquiète, c’est la polarisation des débats au Conseil général, synonyme de frein à des politiques communes. Une division des forces nuit à la Métropole. Le POP est prêt au consensus et l’a prouvé en travaillant avec les différentes composantes politiques lorsque les sujets l’exigent, comme c’était le cas avec les charges géotopographiques.

– N’est-ce pas la gauche qui a fait fuir les grandes fortunes d’antan ?
– En tant qu’historien, je dirais plutôt que c’est lié à l’évolution de l’industrie horlogère. Il faut d’abord rappeler que les Montagnes neuchâteloises fournissaient jusqu’à 50 % des montres vendues dans le monde entre la seconde partie du XIXe et la crise horlogère des années 1970, période durant laquelle les deux villes se sont considérablement développées. Ensuite, la puissance de ce secteur a décliné avec la bataille perdue du quartz et le marasme qui a suivi. C’est donc en raison de la conjoncture économique que les centres décisionnels se sont déplacés. Toutefois, le terreau horloger demeure, bien qu’entre les mains de grands groupes internationaux, ce qui maintient un nombre important d’emplois dans ce domaine dont la région dépend toujours. Nous avions ici tout pour plaire mais la crise des années 1970 nous a fait perdre nos premières plumes.

– Les riches s’en vont, comment assurer le bien-être ?
– Il y a des actions efficaces pour lesquelles le POP s’est engagé, comme celle d’offrir les sacs poubelles taxés aux familles qui ont des jeunes enfants ou celle de créer des allocations de solidarité aux plus nécessiteux. Ça, c’est pour le bien-être. Pour financer ce bien-être, il faut réfléchir à répartir l’impôt entre le domicile et le lieu de travail. Il s’agit d’une nécessité car la fiscalité telle qu’elle existe a été pensée au XIXe siècle, lorsque les gens vivaient où ils travaillaient, ce qui n’est plus le cas et qui péjore une ville proposant de nombreux emplois comme La Chaux-de-Fonds. Sur un plan plus général, je relève que la gauche a perdu le combat de la fiscalité, alors que l’impôt est juste, ce qui n’est pas le cas des taxes qui frappent davantage les bas revenus.

– Capitale culturelle pour la Métropole, une bonne chose et pourquoi ?
– Oui la dynamique suscitée en 2027 suivra celle initiée par l’exposition d’Automates & Merveilles. Elle permettra de valoriser l’étendue du foisonnement culturel, parfois méconnu, de la ville et représente à cet égard une opportunité formidable pour notre région.

– Le nouveau plan de stationnement, une erreur ?
– Même s’il est juste de faire avancer ce dossier, le Conseil communal a commis une grosse bourde de calendrier dont s’est servie la droite pour lancer son référendum. Après avoir déclenché des batailles internes stériles, le sujet risque d’embourber le débat des Communales.

– Votre principal succès ?
– Je suis fier du fonctionnement familial que nous avons mis en place avec mon épouse. Pendant cinq ans, j’ai été père au foyer et me suis occupé des enfants tout en reprenant en parallèle mon cursus. Hors sérail familial, la gratuité du matériel communal pour les associations, la juste répartition des subsides liés à la géotopographie, la motion pour un plan climat local ou encore la carte citoyenne font ma fierté.

– Une défaite qui vous a marqué ?
– Au niveau suisse, je déplore notre défaite dans le combat sur l’âge de la retraite des femmes ou sur les avions de combat. Ici, les résultats décevants aux Communales en 2020, après une excellente législature 2016-2020, demeurent douloureux.

 

Portrait minute

– De quoi avez-vous peur ?
– Jamais je ne me suis posé cette question. Je ne supporte pas de voir le sang ou la souffrance des autres. Peur… Pourquoi pas de l’isolement total mais je suis aussi un brin claustrophobe.

– Quel objet sur une île déserte et pourquoi ?
Une lunette astronomique ou un livre et si l’île possède l’électricité mon téléphone ou mon ordinateur.

– Que chantez-vous sous la douche ?
– Sweet Caroline en pensant au HCC et des morceaux du groupe Rammstein dont je suis fan.

– Que détestez-vous chez les autres ?
– Je déteste détester les autres ce qui demande un certain lâcher-prise mais j’ai beaucoup de peine avec l’hypocrisie.

– Avez-vous des sujets tabous ?
Non mais avec certaines personnes, j’évite les débats stériles.

– Votre plat préféré ?
– La fondue au fromage.

– Enfant, quel métier rêviez-vous d’exercer ?
– J’avais constitué un immense cahier avec plein d’animaux et je me voyais exercer un métier en rapport avec la zoologie et le soin aux animaux.

– Quelle est pour vous LA personnalité vivante neuchâteloise ?
– Grand fan de ski alpin, j’ai aussi pensé à Didier Cuche pour ses exploits sur la Streif mais j’ai choisi Louis Matte pour valoriser l’ensemble du travail d’équipe du HCC. Si j’avais eu le choix de citer une personnalité disparue, j’aurais choisi Adolphe Hirsch, premier directeur de l’Observatoire, un scientifique à la carrière époustouflante.

 

Livres d’histoire, BD et autres ouvrages de sa bibliothèque (ap)
Livres d’histoire, BD et autres ouvrages de sa bibliothèque (ap)

Portrait minute

– De quoi avez-vous peur ?
– Jamais je ne me suis posé cette question. Je ne supporte pas de voir le sang ou la souffrance des autres. Peur… Pourquoi pas de l’isolement total mais je suis aussi un brin claustrophobe.

– Quel objet sur une île déserte et pourquoi ?
Une lunette astronomique ou un livre et si l’île possède l’électricité mon téléphone ou mon ordinateur.

– Que chantez-vous sous la douche ?
– Sweet Caroline en pensant au HCC et des morceaux du groupe Rammstein dont je suis fan.

– Que détestez-vous chez les autres ?
– Je déteste détester les autres ce qui demande un certain lâcher-prise mais j’ai beaucoup de peine avec l’hypocrisie.

– Avez-vous des sujets tabous ?
Non mais avec certaines personnes, j’évite les débats stériles.

– Votre plat préféré ?
– La fondue au fromage.

– Enfant, quel métier rêviez-vous d’exercer ?
– J’avais constitué un immense cahier avec plein d’animaux et je me voyais exercer un métier en rapport avec la zoologie et le soin aux animaux.

– Quelle est pour vous LA personnalité vivante neuchâteloise ?
– Grand fan de ski alpin, j’ai aussi pensé à Didier Cuche pour ses exploits sur la Streif mais j’ai choisi Louis Matte pour valoriser l’ensemble du travail d’équipe du HCC. Si j’avais eu le choix de citer une personnalité disparue, j’aurais choisi Adolphe Hirsch, premier directeur de l’Observatoire, un scientifique à la carrière époustouflante.

 

Découvrez nos autres articles