De l’Espagne à Neuchâtel, le voyage de l’espoir

Bernadette Richard

L’écrivaine Dunia Miralles sort un nouveau livre d’une rare fulgurance, sur l’histoire des immigrés espagnols en terre neuchâteloise

Caravelles du Seyon est le 21e ouvrage de la collection Lieu et Temps, qui regroupe des livres d’écrivains ayant un lien avec le canton de Neuchâtel. Dunia Miralles vit à La Chaux-de-Fonds. Elle a passé de nombreuses années à Neuchâtel et séjourne à l’occasion en Espagne. Après plusieurs romans, nouvelles et poèmes bilingues espagnol-français, elle publie Caravelles du Seyon, un véritable livre d’histoire – celle des immigrés espagnols qui arrivèrent en Suisse dans les années 1960-1970, dont la famille de l’auteure. Elle traite également de l’Espagne sous le joug de Franco.

Le lecteur plonge ainsi dans une saga familiale, avec la petite Dunia qui, adulte, assemble le puzzle de sa propre destinée, de courts fragments qui font des allers et retours entre l’Espagne et la Suisse, où les nouveaux arrivants ne sont pas accueillis de manière très chaleureuse, ce qui nuit à l’intégration. Pourtant les siens vont se battre bec et ongles pour créer un lieu de rencontres où se retrouvent les immigrés – son père s’occupe notamment de la bibliothèque. Le Centro español de las tres Carabelas de Neuchâtel fut l’un des plus actifs et politisés du pays. Leur culture demeure vivace.

Aux épisodes se déroulant en Helvétie, où l’espoir aide ces immigrés à vivre loin de leur Espagne natale, succèdent les rappels des abominations franquistes. Ces petites touches sèment le chaud et le froid dans l’âme du lecteur, qui ne sortira pas indemne de ce livre écrit avec une rare maîtrise, tant dans les informations concernant le déroulé historique de ces immigrés, que dans la rédaction factuelle, teintée ici et là d’instants de grande tendresse pour sa famille et pour l’enfant qu’elle était.

Le cadre du récit s’étend à l’Histoire dans un sens large, avec des rappels d’événements tels l’assassinat de Pasolini, le choc pétrolier, les coups d’état en Uruguay et au Chili, etc.

À la fois documentaire et récit plus intimiste, le dernier livre de Dunia Miralles se révèle bouleversant d’humanité.

Dunia Miralles : Caravelles du Seyon, récit, Ed. Alphil, Coll. Lieu et Temps, 168 p.

Les Galiciens du Jura

La question de l’immigration espagnole est d’actualité. Entre septembre 2023 et avril 2024, le musée d’Art et d’histoire de Delémont a rendu hommage aux Galiciens immigrés du Nord-Ouest de l’Espagne qui durant des décennies ont réalisé des allers et retours entre leur Galice sauvage, l’océan et les montagnes du Jura.

Le journaliste et auteur Antonio Rodriguez – d’origine galicienne –, le photographe jurassien Pierre Montavon et le documentariste parisien Aubin Hellot ont puisé dans la culture, l’économie ou encore la gastronomie, afin d’illustrer la richesse des échanges entre les deux régions.

L’exposition a permis de « questionner les problématiques liées à la migration, d’éclairer la notion de frontière, mais aussi celle du chemin qui relie une région à une autre, le chemin de l’exil, du retour, de la mémoire, de l’argent, de la culture ou encore du pèlerinage », comme l’explique la présentation de l’expo du musée.

Lors d’une conférence-débat d’Antonio Rodriguez en fin d’année dernière, Le Ô a fait le déplacement à Delémont avec Dunia Miralles. La rencontre de leurs parcours parallèles (notre photo) a été intense et émouvante. (br)

Antonio Rodriguez et Dunia Miralles : rencontre de deux parcours parallèles lors de l’expo Taxi Compostelle à Delémont. (gs)
Dunia Miralles à la présentation-vernissage mercredi dernier à Neuchâtel : premières dédicaces, avant la séance de demain samedi chez Payot La Chaux-de-Fonds (10 h-13 h).
Dunia Miralles à la présentation-vernissage mercredi dernier à Neuchâtel : premières dédicaces, avant la séance de demain samedi chez Payot La Chaux-de-Fonds (10 h-13 h).

Les Galiciens du Jura

La question de l’immigration espagnole est d’actualité. Entre septembre 2023 et avril 2024, le musée d’Art et d’histoire de Delémont a rendu hommage aux Galiciens immigrés du Nord-Ouest de l’Espagne qui durant des décennies ont réalisé des allers et retours entre leur Galice sauvage, l’océan et les montagnes du Jura.

Le journaliste et auteur Antonio Rodriguez – d’origine galicienne –, le photographe jurassien Pierre Montavon et le documentariste parisien Aubin Hellot ont puisé dans la culture, l’économie ou encore la gastronomie, afin d’illustrer la richesse des échanges entre les deux régions.

L’exposition a permis de « questionner les problématiques liées à la migration, d’éclairer la notion de frontière, mais aussi celle du chemin qui relie une région à une autre, le chemin de l’exil, du retour, de la mémoire, de l’argent, de la culture ou encore du pèlerinage », comme l’explique la présentation de l’expo du musée.

Lors d’une conférence-débat d’Antonio Rodriguez en fin d’année dernière, Le Ô a fait le déplacement à Delémont avec Dunia Miralles. La rencontre de leurs parcours parallèles (notre photo) a été intense et émouvante. (br)

Antonio Rodriguez et Dunia Miralles : rencontre de deux parcours parallèles lors de l’expo Taxi Compostelle à Delémont. (gs)

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