Vendredi 6 décembre, Stephan Eicher était de passage à La Chaux-de-Fonds pour un concert exceptionnel au Bikini Test, en duo avec l’artiste Osomo. L’occasion de faire chauffer deux tasses de café et d’ouvrir la discussion.
Par Lieven Humbert
Je commence par lui demander la genèse de ce nouveau duo : « Le premier chapitre est celui de la Dolce Vita, un club mythique de Lausanne pour lequel j’ai beaucoup d’affection. Il y a eu plus tôt cette année une exposition autour d’un 40e anniversaire imaginaire. On m’a proposé de venir jouer ce que je faisais à l’époque où j’y étais programmé alors je suis allé piocher dans mes archives personnelles et j’ai dépoussiéré de vieux morceaux. J’ai repris toutes ces chansons que je faisais avant d’être connu comme Stephan Eicher. »
Il continue en expliquant comment s’est créé ce spectacle : « Je ne me sentais pas de jouer une heure en étant seul sur scène alors j’ai fait appel à Simon Baumann, aka Osomo, un ami de longue date, et ça a donné une bonne heure de plaisir. Après avoir joué à la Dolce Vita, on a commencé à avoir des demandes jusqu’à Berlin. Ensuite, j’ai eu envie de revisiter les lieux qui ont fait mon ADN : Rote Fabrik, Fri-Son… »
Enfermés dans une maison, loin de tout pour… créer !
Et le Bik alors ? « Même si je n’avais jamais joué à Bikini Test, j’ai une tendresse particulière pour ce lieu. » Enfin, il explique comment les derniers détails se sont mis en place : « Visiter le passé pour une occasion spéciale, c’est intéressant. Mais en faire une tournée, ça ne l’est pas vraiment… Ce qu’il y a de vraiment bien, c’est de repenser les choses. Avec Osomo, on amène chacun des éléments. D’ailleurs, pour tout préparer on s’était enfermés dans une maison loin de tout. On a cuisiné ensemble et fait de la musique, c’est beau de voir comment deux amis interagissent finalement sur scène. »
Fort d’une actualité en effervescence, Stephan Eicher vient de sortir un dix-huitième disque. Cette nouvelle épopée musicale comporte onze chansons écrites par Philippe Djian (Déjeuner en paix, Pas d’ami comme toi…) et une douxième en suisse-allemand signé Martin Suter.
En parallèle, un nouvel album !
Après un bref silence, il s’interroge sur ce que ces grands écrivains lui trouvent : « Eux, ils écrivent de longs romans, ça doit sûrement les amuser de faire des chansons de trois minutes. Je sais aussi qu’ils sont très contents de ces demandes ! »
Ce nouvel album est marquée par une mélancolie douce. Je lui demande pourquoi tant de tristesse : « C’est bien plus simple d’écrire des chansons tristes que des chansons joyeuses (rires). Je crois que pour chaque artiste, la mélancolie est un terrain dans lequel on se retrouve très vite. Pour moi c’est loin d’être triste la mélancolie, c’est plutôt un calme avec un petit peu de fièvre qui nous envahit et une sensation que rien ne sera éternel. Cette idée de finalité peut en faire déprimer certains. Mais moi, je suis plutôt reconnaissant quand je sens le temps qui passe. Je sais que quand je joue de la musique, ma vie fait sens. Est-ce suffisant ? Je dirais que oui… Et si en plus ça touche d’autres gens, alors qu’est-ce que c’est merveilleux ! »
Éternel mélancolique ? Non, éternel tout court…



























