A bras-le-corps prêt à toucher votre esprit !

Par Anthony Picard

 

Présenté en première mondiale à la Mostra de Venise, le premier long métrage de la réalisatrice Marie-Elsa Sgualdo est à l’affiche depuis deux semaines. Née au-dessus du brouillard en 1986, elle est la fille unique de Marcel Sgualdo (HCC) et Janine Perret Sgualdo (Ebel et Centre Dürrenmatt), couple mythique chaux-de-fonnier. Rencontre avec la réalisatrice, 48 heures avant son bain public de dimanche prochain au cinéma Scala.

Avant le 1er septembre, jour de sa sortie à Venise, sept années se sont écoulées pour écrire, organiser, financer et réaliser le long métrage À bras-le-corps. « Ce long métrage porte bien son nom : ce n’est jamais fini. Après la première de Venise, je me suis investie dans la promotion et la communication, des métiers nouveaux pour moi », confie la réalisatrice. « Passer d’une œuvre ajustée en solitaire dans les salles obscures à la sortie publique est une expérience incroyable. Tout à coup, il faut trouver les mots pour décrire un film qui appartient désormais au domaine public. » C’est l’histoire d’Emma, une adolescente de 15 ans, enceinte à la suite d’un viol, qui empoigne la situation à bras-le-corps.

Sept ans de bonheur ?
Sept ans de travail et d’équilibrisme ! Maman de deux enfants, Marie‑Elsa enseigne notamment à l’ECAL (L’école cantonale d’art de Lausanne). Avoir un ou plusieurs emplois en parallèle est nécessaire, car il est très difficile de vivre d’un métier‑passion. Une passion qui demande de la ténacité. La réalisatrice préfère rester discrète sur ses nouveaux projets le temps d’accompagner À bras‑le‑corps dans plusieurs salles de Suisse romande. « Ces moments précieux d’échanges m’offrent le privilège de partager le ressenti et d’entendre les commentaires des spectateurs et spectatrices. Touchant et rassurant, ce dialogue avec le public valorise notre travail et procure un sentiment de reconnaissance. »

Lila Gueneau, faite pour le rôle
Lorsqu’on lui demande de décrire l’actrice parisienne, Marie‑Elsa répond que l’artiste a su entrer dans le personnage. « Je cherchais une actrice concernée par le sujet du film, une jeune femme avec un rapport sincère au travail, authentique. Avec Lila, la confiance s’est très vite installée. Lila est très douée et j’ai senti que les personnes apprécieraient être en sa présence dans la salle. Elle dégage une lumière rare. » À bras‑le‑corps est un film poignant qui décrit l’émancipation d’une fille de 15 ans d’ici, violée alors que la guerre fait rage aux frontières. Enceinte, elle a le courage d’affronter l’hypocrisie d’une communauté rurale protestante en se frayant un chemin vers l’autodétermination.

Pourquoi aller voir le film ?
Parce que c’est un moment unique d’être avec soi-même en ressentant toute une variété d’émotions. Le film permet cette introspection et ne laisse pas indifférent, annonce Marie‑Elsa Sgualdo.

 

Marie-Elsa Sgualdo, réalisatrice
copyright BOX PRODUCTIONS / Pénélope Henriod
Marie-Elsa Sgualdo, réalisatrice copyright BOX PRODUCTIONS / Pénélope Henriod

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