Au Crêt-du-Locle, c’est un bâtiment mythique. Quiconque passe sur la route parallèle à la H20 passe forcément devant lui, à proximité immédiate de Landi. Si les anciennes tôles qui le recouvrent sont en partie en train d’être repeintes, c’est surtout à l’intérieur que ça bouge beaucoup actuellement. Déjà bien connu et reconnu à travers la Suisse, Ferner s’impose toujours plus comme une référence en matière de coffre-fort mais aussi de chambres fortes et de portes fortes. Du petit coffre d’appartement à la chambre forte industrielle de 100 m2 ou plus, l’entreprise s’adapte aux besoins
des particuliers comme des professionnels.
C’est la valeur à protéger qui dicte le choix d’un coffre-fort
De l’extérieur, on a tendance à penser qu’on change de coffre-fort uniquement lorsque notre stock de valeurs à protéger augmente. Or, ce n’est pas comme ça que ça marche dans la réalité. Dans ce domaine, ce sont les normes qui font la loi ! Et ce n’est pas la quantité de ce que vous avez à protéger qui dicte le type de coffre que vous devez acquérir mais sa valeur. Pour qu’une compagnie accepte d’assurer le contenu de votre coffre, elle demande un certain taux de sécurité. Un coffre de norme Euro 1 permettra de faire assurer vos valeurs jusqu’à 20 000 francs par exemple. Plus le montant à assurer est grand, plus la norme du coffre devra être élevée évidemment. Euro 4 permet ainsi une assurance jusqu’à 1 million de francs. Au-delà d’Euro 6, on passe dans un autre secteur : celui des chambres fortes.
Cette belle histoire entrepreneuriale a commencé il y a… 99 ans grâce à Roger Ferner. Une plaquette à son nom trahit encore aujourd’hui un secret bien gardé : ce n’est pas sur les coffres-forts que les bases de la boîte ont été bâties mais sur des activités de machines-outils. C’est son fils, Jean, qui a senti le filon et qui a ouvert la voie dans cette direction. C’est à ce moment-là, dans les années 1960, que le bâtiment du Crêt-du-Locle est sorti de terre.
Des employés fidèles, un patron impliqué
« La grande force de Jean est d’avoir compris que le coffre-fort est un bien qui ne s’use pas avec le temps. L’entreprise s’est donc spécialisée très tôt dans la rénovation et la vente de seconde main », décode Michel Ryser. Le jeune retraité de Croisitour est arrivé dans l’entreprise par amitié pour « donner un coup de main durant 6 mois ». Cinq ans plus tard, il est toujours là et c’est désormais lui qui veille sur cette PME qui fait travailler 7 personnes. « Je me suis beaucoup et rapidement attaché à l’entreprise. J’ai découvert une équipe remplie de compétences et très polyvalente. » La plupart des employés sont là depuis une dizaine d’années. Certains approchent même les 20 ans de boîte. Et ce savoir-faire se sent et se voit jusque dans la qualité du produit.
De 100 kilos à près de 5 tonnes et 4 mètres de long
Ou plutôt, il serait plus juste de dire que ça ne se voit pas en ce qui concerne la rénovation des coffres-forts. « Je vous mets au défi de différencier le neuf de celui qui a été refait », me challenge Michel Ryser. Sur ce coup, je dois bien dire que j’ai dû m’avouer vaincu. Rrrr ! Depuis qu’il est arrivé chez Ferner, Michel a réussi à écouler une bonne partie du très imposant stock qui était conservé du côté du Crêt-du-Locle. Mais le stock actuel (plus de 1500 pièces) reste le plus important du pays. On y trouve aussi bien un petit modèle d’une centaine de kilos à 1600 francs qu’un mastodonte industriel de près de 5 tonnes et de plus de 4 mètres de long, permettant de stocker des barres d’or. Son coût : 14 000 francs. « On travaille beaucoup avec des bijouteries et des sous-traitants horlogers notamment. »
Comment la flambée de l’or bouleverse le marché des coffres-forts
Le tissu économique est tel qu’il conduit différentes industries à travailler avec des quantités élevées de métaux précieux. Or (sans mauvais jeu de mot), l’instabilité mondiale actuelle et la multiplication des conflits entraînent une flambée des cours de ces métaux. Par effet boule de neige, la valeur des stocks industriels augmente et, par un autre ricochet, les assurances demandent donc de plus en plus de changer de coffre pour respecter les normes de sécurité liées à la valeur de ce qu’ils contiennent (lire encadré). Ce n’est pas clair ? Michel Ryser va mieux vous expliquer la chose : « L’or était à 75 000 francs le kilo il y a une année. Maintenant, il tourne autour des 130 000 francs. Les entreprises n’ont pas plus d’or dans leurs coffres mais leur stock vaut plus cher. Par conséquent, les assurances peuvent argumenter que le niveau de sécurité de tel coffre ne suffit plus et qu’il en faut un nouveau pour que son contenu continue à être assuré. »
Livraison d’un coffre par jour en moyenne
La solution peut aussi venir de la stratégie de dispersion (répartir les métaux précieux dans plusieurs coffres différents) ou d’un renforcement global de la sécurité. « Concrètement, et en accord avec les assurances, une entreprise peut garder le même coffre mais ajouter une porte forte par exemple. On vient justement d’en vendre une qui faisait 6 tonnes. » Et si ça ne suffit toujours pas, il y a encore la possibilité de construire une chambre forte avec un blindage sophistiqué de 40 centimètres. « Il existe aussi des solutions sur mesure, pensées explicitement pour protéger les œuvres d’art. Peu importe le besoin, les coffres-forts Ferner savent y répondre et livrent désormais un coffre par jour en moyenne. » Spécialement dans une zone frontalière aussi sensible que la nôtre en termes de braquage, ce savoir-faire vaut vraiment de l’or, c’est certain !





























