Tel un fakir, Circo Bello prend des risques pour développer les arts du cirque

Par Kevin Vaucher

Le week-end dernier, Circo Bello a créé l’événement à La Chaux-de-Fonds en dégainant Fakir Testa, alias Jaime Oms. Cet Espagnol de renommée mondiale a tracté une voiture à l’aide d’une corde reliée à… une machette déposée sous son cou. Derrière le show et la magie du cirque se cache bien plus que ça : reconnu centre régional de performances, Circo Bello offre des formations pour tous les âges, accueille 330 élèves par an – dont 25 à 30 en Sports-Arts-Études – et est missionné par le canton pour faire rayonner les arts du cirque partout sur le sol neuchâtelois.

Sans le savoir, vous connaissez peut-être Fakir Testa. De son vrai nom Jaime Oms, il est déjà passé 1 fois dans l’émission de télévision America’s Got Talent et deux fois dans La France a un incroyable talent. Son numéro à haut risque de tractage de voiture a largement circulé sur les réseaux sociaux (1 million de vues rien que sur Facebook). Le week-end passé, c’est pour Circo Bello qu’il a fait une halte à La Chaux-de-Fonds avec son fameux numéro.

Le garage Asticher réussit le test du fakir
« C’était très impressionnant mais il n’y avait rien de trash. On tient à préserver une accessibilité totale à notre art, notamment pour les familles », explique le directeur Hugo Beretta. Si le fournisseur de la machette n’est pas connu, c’est le garage Asticher qui a mis à disposition la voiture : « Il fallait un partenaire fiable afin d’éviter tout problème au moment du tractage du véhicule », sourit-il. Test pleinement réussi pour le garage chaux-de-fonnier. Avec quelque 15 000 spectateurs par an sur ses différents événements, on peut aussi dire que le test de popularité de Circo Bello est réussi !

« En mission » pour le canton de Neuchâtel
« L’objectif n’est pas de grandir plus que de raison mais de pérenniser notre structure culturelle professionnelle et les emplois qu’elle génère. Dans notre domaine, le plus difficile est de durer dans le temps. » Depuis environ un an, le cirque est justement missionné par le canton de Neuchâtel pour faire vivre l’univers circassien aussi bien dans le haut que dans le bas du canton, de créer des spectacles amateurs et professionnels ainsi que de les populariser au sein de la population. « Cela passe par un coût abordable par exemple. » Généralement au chapeau voire de 10 à 15 francs pour les créations incluant des artistes professionnels.

Sports-Arts-Études : 12 heures d’entraînement par semaine
En parlant du monde professionnel du cirque, il en sera questions ces 23 et 24 mai avec le spectacle des élèves de Circo Bello : Gravité ! Un mot à double sens qui parle de la chute d’un artiste qui tente de saboter les autres et qui se confronte à la difficulté de toucher la gloire dans ce métier. Parmi les élèves de 6 à 43 ans, une trentaine suivent le programme Sports-Arts-Études et peuvent justement prétendre à une carrière sous chapiteau, forts de leurs 12 heures d’entraînement par semaine. Mais ce n’est pas si simple que ça en réalité : « Nous sommes fiers d’avoir pu amener plusieurs anciens élèves au niveau professionnels mais nous ne sommes pas là pour vendre du rêve et faire miroiter à chacun une possible carrière. »

Dans les coulisses d’une « usine à rêves »
Il y a maintenant énormément d’écoles et beaucoup d’artistes qui arrivent chaque année sur le marché. La concurrence est donc forte : « Du coup, on évite au maximum de donner de faux espoirs et on pousse un jeune uniquement si on voit que cela fait sens de le faire. Tout le monde n’est pas voué à faire carrière. D’après une étude canadienne, 85 % des élèves qui sortent d’une école de cirque changent de voie au cours des 2 années suivantes », ajuste Hugo Beretta qui souligne également que de vrais talents passent régulièrement par l’école de Circo Bello. Plus qu’une Usine à rêves (titre d’un spectacle à venir, les 30 et 31 mai), le cirque est plus que jamais une usine d’émerveillement où il fait toujours bon venir faire un petit tour de piste…

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