Ici, c’est le soleil qui paie la facture ! Bon allez, on exagère un peu mais c’est la dynamique qui ressort du premier bilan du « quartier solaire de La Chaux-de-Fonds ». Rappelez-vous, nous vous avions parlé de cette idée rayonnante il y a quelques mois : la création d’un parc photovoltaïque de 75 panneaux sur chacun des 6 bâtiments en PPE (propriété par étage) d’un quartier proche du lycée Blaise-Cendrars. Après quelques mois de mise en service, le résultat est éclatant : le quartier de 48 familles est autonome en énergie et a permis d’économiser l’équivalent de 29 tonnes de charbon et 34,5 tonnes de CO₂ en 169 jours.
Dans le quartier du Chemin Perdu de La Chaux-de-Fonds, le bouton du solaire a été appuyé en deux temps. D’abord la mise en service de l’installation mi-novembre (uniquement pour la réinjecter dans le réseau) puis en mode auto-alimentation à partir de février (2 bâtiments) et mars (4 autres bâtiments). Et depuis, que s’est-il passé ? « On consomme notre propre énergie et on a plus besoin d’en tirer sur le réseau. Surtout, notre parc photovoltaïque en produit bien plus qu’on en consomme. Du coup, soit on la stocke soit on la revend », savourent Roméo Caruso et Michel Jenni, deux des fers de lance de ce projet privé aux dimensions hors norme.
La neige : seul ennemi des panneaux sensibles à la lumière
Même lorsque le soleil joue un peu à cache-cache, les panneaux produisent de l’énergie car ils sont sensibles à la lumière. « Le seul moment où ils ne produisent pas, c’est quand ils sont recouverts de neige. » Dans cette situation, les deux hommes ont vite fait d’aller chercher leur pelle et leur balaie pour faire place nette. Et la nuit, les habitants tirent sur la batterie, tout simplement. Avec tout ça, vous pensez sûrement que leur facture d’électricité est passée à 0 franc. Est-ce vraiment le cas ? « Non ! Faire fonctionner l’installation à un coût. Il est minime mais il existe. Et puis surtout, on a décidé de se facturer l’énergie qu’on produit à 80 % du prix de Viteos. » L’économie réelle immédiate est donc de 20 %.
L’énergie réinjectée dans le réseau, ça rapporte ?
Bien sûr, cet argent n’est pas perdu pour autant puisqu’il sert à alimenter le fond de « rénovation énergie » de la copropriété. En d’autres termes, les copropriétaires anticipent les travaux futurs à la maintenance et au renouvellement de leur installation solaire. « Comme c’est le lancement du parc, on se doit d’être prudent. Il est possible qu’on remarque qu’on a assez d’argent à un moment donné et qu’on décide de réduire encore la note d’électricité qu’on s’auto-facture ou qu’on en redistribue une partie. » Et l’énergie produite en trop, exportée sur le réseau, il vous rapporte combien ? « Pas grand-chose car le réseau est saturé par moment. On touche 10 centimes par kilowatt. » En avril par exemple, cela représente un gain de 300 francs pour l’ensemble des 48 familles qui rassemble environ 150 personnes.
L’équivalent de 48 arbres sauvés en 169 jours
Pendant la création ultra rapide du projet – moins de 5 mois -, la grande interrogation portait sur la bonne dimension du parc photovoltaïque : « Certains voulaient moins de panneaux, juste de quoi alimenter notre autoconsommation. Mais on a finalement opté pour une solution plus ambitieuse qui nous permet de recharger les batteries y compris les jours de mauvaise météo. » Le 9 mai dernier par exemple, il ne faisait pas si beau et le parc a produit 243 kwh d’énergie. En plus de recharger les batteries, cela a permis d’en réinjecter 70 % dans le réseau. « C’est largement mieux qu’espéré et que nos hypothèses préalables. Nos résultats en ont surpris plus d’un », affirment Roméo Caruso et Michel Jenni. Et peut-être eux les premiers. Les « économies » en termes de charbon et de CO₂ ont ainsi permis de préserver l’équivalent de 48 arbres en 169 jours. La commune chaux-de-fonnière leur a lancé le défi de planter réellement ces 48 arbres, comme symbole de leur impact positif sur l’environnement. Le pari devrait être relevé prochainement…





























