L’hôtel-restaurant va rouvrir après une rénovation complète, de la durabilité plein la Vue

Par Patrick Fischer

Trait d’union entre le Haut et le Bas, la Vue-des-Alpes va retrouver sa place sur les cartes touristiques. L’hôtel-restaurant rouvrira ses portes le 30 avril, comme prévu, après une longue hibernation… Et malgré un début d’incendie sur le chantier ! Racheté en 2023 par la commune de Val-de-Ruz, le bâtiment a été complètement rénové dans une démarche qui se veut écoresponsable. Comment cela se verra concrètement ? Le Ô a fait le tour du propriétaire avec sa directrice, Micaela Reis, et Melissa Kurtic, responsable bâtiments et énergie de la commune.

-Sur votre site Internet vous parlez de durabilité, de minimiser l’impact écologique, pourquoi ?
– Micaela Reis : Pour moi, c’est un choix qui s’impose. C’est le seul moyen de se positionner à l’avenir si on veut subsister, et cela répond aux valeurs qu’on souhaite partager à La Vue-des-Alpes. C’est la raison qui m’a attirée dans ce projet. Cela s’inscrit dans un concept global ESG (environnement, social, gouvernance).
– Melissa Curtic : Au niveau de la commune, on privilégie l’écologie et la durabilité dans tous nos bâtiments. On utilise les matériaux locaux, notamment le bois de nos forêts. Avec le bureau d’architectes IDOS, on a voulu un projet qui respecte son environnement, les crêtes du Jura. On n’est pas au centre-ville mais dans la nature.

– Dans un lieu aussi emblématique, y a-t-il une volonté d’exemplarité ?
– MR : Oui, parce que c’est un projet innovateur et un outil de promotion du terroir. La Vue-des-Alpes est effectivement un endroit emblématique, on veut s’inscrire dans la magie du lieu.

– La durabilité n’est-elle pas aussi devenue un argument de marketing ?
– MK : Pas pour la commune car c’est la direction que nous avons prise pour l’ensemble de notre parc immobilier.
– MR : En termes d’exploitation, on ne va pas se cacher que c’est un argument de vente et un moyen de se différencier de la concurrence. Mais notre démarche implique une charte de durabilité et un rapport qui sera publié chaque année sur ce qui aura été entrepris. On n’est pas dans une logique marketing pure de type green washing, c’est un engagement authentique.

– Vous êtes dans le programme Swisstainable, en quoi ça consiste ?
– On est déjà certifié Swisstainable avant l’ouverture. Nous cochons toutes les cases pour le label de premier niveau. Notre objectif est de passer au niveau 2 ou 3 ce qui exige le recours à un prestataire externe pour certifier que les critères sont remplis.

– Quels sont-ils ?
– Il y en a plusieurs, comme le fait maison, le filtrage de l’eau, la certification EcoCook pour les produits bio, la réduction de leur impact environnemental, ou encore le label Equity qui atteste que l’entreprise ne fait pas de différence, en termes d’engagement et de salaire, entre hommes et femmes.

– Est-ce que ça se verra aussi dans l’assiette ?
– En nous affichant comme brasserie raffinée, nous allons miser sur la valorisation des produits du terroir. La carte sera réduite pour garantir une production 100 % « fait maison ». Elle évoluera au fil des saisons et de l’arrivage des produits de nos fournisseurs régionaux. À la Vue-des-Alpes, on ne veut pas de cette cuisine standardisée que l’on trouve partout.

– Un exemple de ce qu’on trouvera sur la carte, pour faire envie ?
– Parmi les plats signatures, il y aura les spécialités de notre boucher, dont le saucisson neuchâtelois IGP revisité de manière surprenante.

– La fondue ?
Nous ne proposerons pas la fondue car on peut la manger au relais d’en face, sur le parking, et que notre but est de nous différencier. En revanche nous aurons des ardoises de fromages de la région.

– Par rapport à la durabilité, le point noir c’est que la Vue n’est accessible qu’en voiture !
– MK : En hiver il y a un service de bus, le Nordic’BUS, entre Les Hauts-Geneveys, la Vue-des-Alpes et Tête-de-Ran. Mais effectivement, en été, il faudrait une offre de transports publics plus attractive, il y a actuellement des discussions et des projets.

– Allez-vous promouvoir un tourisme 4 saisons ?
– MR : Tout à fait. Nous voulons couvrir les 4 saisons avec une clientèle loisirs en haute saison, été et hiver, et une clientèle plus entreprises en basse saison.

– Vous visez une clientèle locale, nationale, internationale… ?
– Tout d’abord on veut attirer la clientèle locale, celle qui peut venir tous les jours et profiter de ce lieu magnifique qui est le sien finalement. Nous nous tournerons aussi sur le marché suisse et international, mais step by step. On prévoit quelques salons à l’étranger pour promouvoir notre région. La Suisse ce n’est pas que Zermatt. La Vue-des-Alpes peut aussi intégrer le circuit.

– D’autant qu’on y voit le Cervin ! Revenons à la commune de Val-de-Ruz, que représente ce projet, qui est un gros investissement, pour vous ?
– MK : Il y a une volonté politique de développer un lieu emblématique comme la Vue-des-Alpes, qui se trouve sur notre territoire et a été laissé un peu à l’abandon. Une offre touristique représente aussi un intérêt économique et de nouveaux emplois.

– C’est un projet isolé ou y a-t-il des synergies prévues avec Tête-de-Ran ?
– On souhaite développer des synergies avec toutes les infrastructures environnantes, avec le relais aussi, le téléski du Crêt-Meuron n’est pas loin, il y a la luge d’été, pour créer un véritable espace touristique.

– Vous prévoyez de nouvelles activités ?
– MR : Oui, l’hôtel-restaurant est prévu comme le premier pilier d’un plus grand projet, mais ça prendra du temps, il faut réunir les acteurs politiques, économiques et touristiques. Nous sommes en contact avec Crêt-Meuron, avec l’office du tourisme, avec une guide afin de proposer un forfait hôtel-randonnée sur les crêtes du Jura. On travaille aussi sur une offre culturelle.

– Et vous prévoyez aussi une offre sensorielle ?
– Tout à fait, un espace sensoriel en terrasse qui sera ouvert à tous ainsi qu’aux personnes en situation de handicap.
– MK : Cela ne sera pas une place de jeux mais un espace détente, une expérience, qui sollicitera tous nos sens.

Palace ou sac à dos ?

– Comment la spécialiste de durabilité vit-elle le réchauffement climatique ?
– Comme maman d’un enfant de 11 ans, j’essaie de lui transmettre les bons réflexes. Pas besoin d’aller ramasser les déchets sur les plages à l’autre bout du monde, c’est par les petits
gestes du quotidien que nous aurons le meilleur impact.
– Quels sont ces gestes ?
– Ne pas prendre un bain de 30 minutes tous les jours, trier et bien gérer les déchets, éviter les emballages plastique, ne pas acheter le dernier vêtement à la mode.
– Quel genre de touriste êtes-vous, palace ou sac à dos ?
– J’aime les différents styles, mais ils ont évolué avec le temps. Quand je travaillais dans l’hôtellerie de haut standing, j’ai eu ma période luxe, qui peut être responsable aussi. Aujourd’hui je suis plus attirée par une expérience authentique. Si je vais dans une nouvelle ville avec mon fils, c’est sac à dos et on se débrouille nous-mêmes, on cherche à comprendre l’âme du lieu. C’est exactement ce que l’on veut proposer à la Vue-de-Alpes.
– Vos vacances de rêve, un week-end à la Vue-des-Alpes ?
(Rires… !) J’en ai d’autres aussi, elles sont un peu plus lointaines. Le Pérou et le Japon sont mes destinations de rêve.

Les chiffres

Altitude : 1286 m
Coût de la rénovation : 9,2 mio de francs
Acquisition du bâtiment : 2,3 mio de francs
Emplois : 18
Chambres : 20 (+ 5 dans la dépendance)
Restaurant : 84 à 100 places à l’intérieur
Terrasse : 100 places
Catégorie : 3 étoiles supérieur
Prix de la chambre : 200 francs (chambre double, entrée de gamme)

Palace ou sac à dos ?

– Comment la spécialiste de durabilité vit-elle le réchauffement climatique ?
– Comme maman d’un enfant de 11 ans, j’essaie de lui transmettre les bons réflexes. Pas besoin d’aller ramasser les déchets sur les plages à l’autre bout du monde, c’est par les petits
gestes du quotidien que nous aurons le meilleur impact.
– Quels sont ces gestes ?
– Ne pas prendre un bain de 30 minutes tous les jours, trier et bien gérer les déchets, éviter les emballages plastique, ne pas acheter le dernier vêtement à la mode.
– Quel genre de touriste êtes-vous, palace ou sac à dos ?
– J’aime les différents styles, mais ils ont évolué avec le temps. Quand je travaillais dans l’hôtellerie de haut standing, j’ai eu ma période luxe, qui peut être responsable aussi. Aujourd’hui je suis plus attirée par une expérience authentique. Si je vais dans une nouvelle ville avec mon fils, c’est sac à dos et on se débrouille nous-mêmes, on cherche à comprendre l’âme du lieu. C’est exactement ce que l’on veut proposer à la Vue-de-Alpes.
– Vos vacances de rêve, un week-end à la Vue-des-Alpes ?
(Rires… !) J’en ai d’autres aussi, elles sont un peu plus lointaines. Le Pérou et le Japon sont mes destinations de rêve.

Les chiffres

Altitude : 1286 m
Coût de la rénovation : 9,2 mio de francs
Acquisition du bâtiment : 2,3 mio de francs
Emplois : 18
Chambres : 20 (+ 5 dans la dépendance)
Restaurant : 84 à 100 places à l’intérieur
Terrasse : 100 places
Catégorie : 3 étoiles supérieur
Prix de la chambre : 200 francs (chambre double, entrée de gamme)

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