Dans le jargon de la santé on parlerait d’un patient en convalescence. En 2025, le réseau hospitalier neuchâtelois (RHNe) a bouclé l’exercice avec un déficit de 26,9 millions de francs, incluant notamment l’impact de la faillite du groupe santé Volta. Les cendres de Volta ont donné lieu à Réso.ne, permettant de préserver 100 emplois et de garder 8000 patients à l’intérieur du réseau de soins. Ce sauvetage s’inscrit pleinement dans la stratégie 2026–2030 autour du développement des soins ambulatoires et des « maisons de santé » de proximité.
Dans ce contexte, le projet Monruz arrive à point nommé. « Pour rappel, la création du pôle ambulatoire de Monruz sera une antenne du site de Pourtalès avec la volonté de moderniser les infrastructures tout en optimisant le flux des patients », présente Pascal Braichet, président du collège des directions du RHNe. En d’autres termes, certaines activités y seront déplacées dans la perspective de débuter l’exploitation au printemps 2028.
Virage de l’ambulatoire : le RHNe en avance
Le président du conseil d’administration, le Prof. Philippe Eckert ne cache pas la visée finale de cette réorganisation : « Le développement des soins ambulatoires. Aujourd’hui, le RHNe est en avance sur la moyenne suisse (30 % d’actes ambulatoires contre 25 % sur le plan national) et on ambitionne d’atteindre les 50 % à l’horizon 2050. Au Danemark, ce type de soins représente déjà le 80 % des interventions. » L’un des avantages de l’ambulatoire est qu’il permet de diminuer ou de supprimer les séjours à l’hôpital, réduisant de facto le besoin en lits. En plus du projet Monruz, le développement des soins ambulatoires de proximité est parfaitement incarné par Réso.ne.
Réso.ne, une acquisition pour bâtir l’avenir proche des gens
« La création de Réso.ne permet à l’hôpital de sortir de ses murs pour se déployer sur l’ensemble du territoire. Notre objectif est de créer un maillage ambulatoire au moyen de ces « maisons de santé » de proximité, confie Pascal Braichet. Les 4,7 millions nécessaires au « sauvetage de Volta » et la création de Réso.ne sont ainsi vus comme un investissement. « Cela nous aurait coûté bien plus cher si nous étions partis de zéro. » En parlant d’investissement, le directeur des finances Léonard Blatti ajoute que le RHNe a investi 14,4 millions en 2025. Depuis février, le réseau hospitalier neuchâtelois teste par exemple la chirurgie robotique à l’aide du robot Hugo. « On constate un gain d’efficacité certain en plus de limiter nos engagements financiers », relate-t-il. En parlant de chiffres, le redressement financier du RHNe semble gentiment se confirmer malgré un résultat encore largement déficitaire.
Pas les « bons patients » dans les lits d’hôpitaux
La perte était encore de -34,5 millions en 2023 et de -29,6 millions en 2024. « La croissance des revenus est plus forte que celle des charges pour la première fois depuis 2019 », confirme Léonard Blatti. « Le RHNe était à l’équilibre en 2020 ; c’est un signe qu’il est possible d’y revenir dans les prochaines années. » La maîtrise des charges de personnel et le record de passages en ambulatoire (+2,2 % en un an) sont autant de signaux positifs. « Il faut encore qu’on parvienne à mieux équilibrer le mix des patients car ce ne sont pas les « bon patients » qui sont toujours accueillis dans les lits d’hôpitaux d’un point de vue financier. » Comprenez par là qu’il y a trop de patients en attente de placement (lits C, + 5370 journées sur un an). Les lits C rapportent 300 à 500 francs au RHNe contre 710 francs en réadaptation et 2000 francs en soins aigus.





























