Alors que le nombre croissant de festivals rend le secteur très concurrentiel, l’AR Mood de Fleurier se démarque en s’étant fait une place au soleil très rapidement. Réussir à s’imposer est une chose mais faire perdurer le festival en maintenant la gratuité de l’événement depuis 5 ans, c’est un sacré tour de force supplémentaire ! Quel est le secret des organisateurs qui réussissent en plus à attirer des têtes d’affiche aussi fortes que Trois Cafés gourmands en 2025 ou Tafta, Carrousel, Oesch’s Die Dritten et Julien Lieb cette année ? Le président Mike Cortese répond
Vu de l’extérieur, on imagine volontiers que ce succès alimente les questions, pousse à l’admiration et conduit certains à approcher l’organisation pour lui demander son secret, non ? « Bien sûr et j’aime répondre qu’il n’y a pas de recette miracle mais seulement des ingrédients magiques comme la passion, le travail et une extrême rigueur pour faire tenir le festival de manière bénévole », dévoile Mike Cortese. En parlant de bénévoles, l’intérêt autour de l’AR Mood Festival est tel aujourd’hui que le nombre de personnes engagées sur l’ensemble du week-end du 29 au 31 mai 2026 se monte à 250. « C’est presque une centaine de plus que l’an dernier. »
Budget : de 45 000 à 300 000 francs en 5 éditions
La croissance du festival gratuit se perçoit encore mieux en se penchant sur son budget, passé de 45 000 francs lors de la première édition à 300 000 francs aujourd’hui. À ce rythme-là, pérenniser l’événement tout en continuant à garantir la gratuité au public est un défi de plus en plus exigeant : « On espère vraiment pouvoir continuer encore longtemps mais c’est un exercice d’équilibriste toujours plus délicat. Notre modèle économique repose principalement sur du sponsoring privé. Les entreprises nous soutiennent financièrement ou par la mise à disposition de matériel et de services. Le soutien communal est aussi apprécié et permet un partenariat win-win. « Le festival joue un rôle de promotion pour la région et attire du monde au Vallon. »
L’absinthe, le secret pour attirer des têtes d’affiche ?
D’ailleurs, au moment d’attirer des têtes d’affiche, les organisateurs jouent à fond sur les produits stars régionaux « L’histoire autour de l’absinthe séduit les artistes par exemple. L’année passée, les Trois Cafés gourmands ont passé la soirée au milieu du public après leur passage sur scène, goûtant volontiers un verre de Bleue. » Trois semaines après le festival, un des membres du groupe n’a pas manqué de lui mettre un petit message pour solliciter l’envoi d’une bouteille d’absinthe. Même si l’AR Mood consacre les deux tiers de son budget aux cachets des chanteurs et à l’infrastructure, il doit mettre d’autres arguments en avant pour attirer des têtes d’affiche : « On leur parle de nos valeurs, de notre public ultra chaleureux et de notre concept gratuit et familial. Parfois, ça fait tilt ! »
De la musique, de la nourriture et… un Kid’s Park
Mais la gratuité peut aussi avoir un effet « repoussoir » pour les artistes : « Un festival gratuit peut être perçu comme moins valorisant pour eux. » Quoi qu’il en soit, Mike Cortese et son équipe sont fiers des 3 axes principaux qui font leur succès : « Il y a la musique, avec 2 scènes depuis l’année passée et il y a aussi la nourriture, avec la présence d’une vingtaine de food trucks qui font découvrir les cuisines du monde. Finalement, il y a les enfants. Pour nous, ils sont aussi importants que leurs parents. C’est un vrai challenge de les occuper sur le site d’un festival. » L’AR Mood y parvient grâce à un Kid’s Park qui propose une multitude d’activités pour la somme symbolique de 5 francs la journée. « Ce n’est pas rentable pour nous, même avec 400 entrées par jour, mais c’est une façon de responsabiliser les parents. » Une ambiance bon enfant qui se retrouve sur l’ensemble du site de l’AR Mood qui a accueilli 7500 personnes en 2025.




























