Sabina ! C’est le nom d’une région historique d’Italie centrale, la Sabine, dont l’histoire remonte à l’ancien peuple des Sabins. C’est aussi un prénom aux racines latines. Mais sous nos contrées, Sabina rime plutôt avec Ahmetovic. Originaire de Bosnie-Herzégovine, cette mère de famille de 3 enfants est arrivée à La Chaux-de-Fonds il y a 18 ans après une enfance vécue à… Dortmund. Mais le langage privilégié de cette femme de 38 ans n’est ni le bosnien, ni l’allemand, ni même le français. Sabina s’exprime avant tout par la photographie. « Plus qu’une passion, c’est une évasion » qui lui permet d’ajouter du positif à la « pellicule du passé » en sublimant différents endroits de la ville.
Sabina Ahmetovic n’a pas encore 40 ans mais elle affiche une maturité qui se mêle à une sensibilité qui s’est construite au fil de son parcours de vie, avec des épreuves mais aussi des beaux moments. Tout cela se cache habilement derrière ses photos et son large sourire. « La photographie est un lieu où je peux me réfugier », n’a-t-elle pas peur d’admettre. Une fois « aux abris », derrière son objectif, elle peut alors respirer… Ou plutôt « faire respirer » : « J’aime donner de la vie à ce qui ne respire pas. C’est pour ça que je me focalise davantage sur le bâti que sur les personnes. »
Une ville critiquée, pourtant si belle !
Alors Sabina sort de chez elle souvent. Très souvent. Parfois plusieurs fois par jour, juste pour aller prendre des photos de son environnement. « J’essaie de trouver une autre façon de présenter la ville avec des angles de vue originaux par exemple. J’aime surprendre. Le meilleur compliment qu’on puisse me faire est de me dire qu’on ne dirait pas La Chaux-de-Fonds mais telle ou telle grande ville. » Lorsqu’elle est arrivée dans la région, il y a 18 ans, elle a été tristement marquée par les critiques faciles autour de la ville. « C’est moche, ça devient invivable, il n’y a plus de places de parc et ce genre de remarques. » C’est ce qui l’a poussée à essayer de la faire voir autrement et à l’aimer autrement aussi.
Ses premières photos avec un Motorola à clapet
Peut-être doit-elle cette fibre à sa profession, elle qui est active dans le service après-vente… Plus sérieusement, cette passionnée de photos « flashe » souvent avec son smartphone. « Je me souviens que j’ai débuté avec un modèle Motorola à clapet. Loin de ce qu’on trouve actuellement en termes de qualité de prise de vue. » Ensuite, elle les publie dans différents groupes Facebook en lien avec La Chaux-de-Fonds. Mais elle a aussi droit à sa vitrine sur le Pod – Avenue Léopold-Robert 59 – où certaines de ses images sont exposées et où il est possible de les imprimer en petit comme en très grand format, pour soi ou comme cadeau. « Beaucoup de personnes me remercient de montrer de belles facettes insoupçonnées de la ville. » Pas de doute : passer du négatif au positif grâce à la photo, c’est bel et bien ce qui fait la force de Sabina Ahmetovic !





























