Il était grand temps de faire parler les murs !

Par Kevin Vaucher

« Il était temps ! » Ces mots, on les a lus sur plusieurs lèvres de la quarantaine de personnes présentes samedi dernier, à la grande salle de l’hôtel de ville de La Brévine. Ce jour-là, c’est davantage qu’une reconnaissance qui a eu lieu, c’est un grand travail de visibilisation artistique, étalé sur plusieurs décennies, qui a pris forme : « La boucle est bouclée », a déclaré Malou Dumont, l’une des instigatrices de ce projet. Cinq reproductions « d’œuvres oubliées » de Lermite, qualifiées de trésors cachés, s’affichent désormais en grand voire en très grand sur les murs de cette salle remplie de vie. Tout un symbole !

« On ne le dira jamais assez mais l’engagement des sociétés locales est capital dans la vie d’un village et nous en avons une preuve évidente aujourd’hui (samedi dernier). » Les mots de la présidente du Conseil communal brévinier Muriel Jeanneret sonnaient justes au moment de fêter la mise en place des 5 reproductions photographiques sur toile de Lermite. La fondation Lermite – qui possède les pièces originales –
a donné son accord pour que ces 5 éléments de décors de la pièce de théâtre Le solitaire des Sagnes (1955) soient reproduits à l’identique.

Un trésor artistique égaré à différents endroits
Le peintre a créé bon nombre de décors de théâtre lorsqu’il séjourna à La Brévine entre 1946 et 1954 (il habita ensuite aux Bayards). Avec le temps, ses créations se sont souvent perdues lorsqu’elles n’ont pas été détruites. « Il y en a aussi qui se cachent dans différentes habitations de la région », ajuste la présidente de la société d’embellissement et de développement du village Claudine Paris. Les 5 décors en question ont été retrouvés chez la famille Steudler dont le bien connu Jacques-André avait écrit la pièce de théâtre citée précédemment. « On a également retrouvé d’autres décors de Lermite dans les combles de l’hôtel de ville et on les a sauvés in extremis du débarras », souffle-t-elle encore.

La promenade du temps passé
Autre anecdote amusante : « À l’époque, une petite salle de l’hôtel de ville était réservée aux gens de passage. Ils séjournaient 1 ou 2 nuits en général. Lermite y a dormi et a laissé des traces de son passage sur les murs. On va essayer de protéger ces dessins aussi. » Cette histoire fait d’ailleurs l’objet d’un film – la Passade – dans le cadre de « la promenade du temps passé ». Il s’agit d’un parcours didactique dans le village qui relate la vie d’antan à travers 18 panneaux munis de Codes QR, renvoyant à de courtes présentations sur différents sujets (le déneigement, les foins, la quête de l’eau…) La société d’embellissement aime aller au bout des choses et a passé 3 ans pleins sur ce projet.

Un goût d’inachevé qui se disperse enfin
C’est justement pour aller au bout des choses qu’un petit groupe de volontaires a voulu mettre à l’honneur le travail de Lermite en créant ces 5 reproductions dont 2 de grand format. « Aucune œuvre du peintre brévinier n’était exposée au village et cela nous laissait un goût d’inachevé. Aujourd’hui, pouvoir les exposer à l’hôtel de ville, dans ce haut-lieu du théâtre amateur, est un soulagement », réagit Malou Dumont.

De quoi on parle ?

La fondation Lermite a vu le jour en 1977 dans le but de visibiliser et de préserver l’héritage artistique et spirituel du peintre brévinier Jean-Pierre Schmid, plus connu sous le nom de Lermite. De son côté, la société d’embellissement et développement de La Brévine (fondée en 1952) rassemble des personnes désireuses de faire rayonner l’histoire actuelle et passée du village, notamment celle de son patrimoine culturel. Une dynamique s’est ainsi créée pour faire connaître et reconnaître une partie de l’œuvre de Lermite en affichant
5 reproductions sur les murs de la grande salle de l’hôtel de ville de La Brévine.

De quoi on parle ?

La fondation Lermite a vu le jour en 1977 dans le but de visibiliser et de préserver l’héritage artistique et spirituel du peintre brévinier Jean-Pierre Schmid, plus connu sous le nom de Lermite. De son côté, la société d’embellissement et développement de La Brévine (fondée en 1952) rassemble des personnes désireuses de faire rayonner l’histoire actuelle et passée du village, notamment celle de son patrimoine culturel. Une dynamique s’est ainsi créée pour faire connaître et reconnaître une partie de l’œuvre de Lermite en affichant
5 reproductions sur les murs de la grande salle de l’hôtel de ville de La Brévine.

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