La Métropole horlogère devient… Capitale!

Par Anthony Picard et Kevin Vaucher

Ici s’invente et se construit une « Capitale culturelle » ! Ces mots sont inspirés de propos du directeur de La Chaux-de-Fonds – Capitale culturelle suisse 2027 Jean Studer. Ils incarnent la dynamique qui enveloppe aujourd’hui le grand événement chaux-de-fonnier. Après des mois d’attente, dans les 2 sens du terme, les premiers jalons de la manifestation ont été posés par le comité d’organisation qui rêve en grand avec 300 événements dont un quart certifiés 100 % locaux. Le retour du carnaval et la transformation de l’aéroport des Éplatures en terrain de jeu culturel sont notamment au programme. Quand la Métropole horlogère devient Capitale culturelle, il faut s’attendre à tout.

Deux cent vingt et un jours avant de pousser la porte de la première Capitale culturelle du pays,
les organisateurs de lcdf27 (La Chaux-de-Fonds – Capitale culturelle suisse 2027) ont sorti leur éphéméride pour dévoiler ce qui bouleversera La Chaux-de-Fonds depuis la soirée du réveillon 2026 et jusqu’au dernier jour de l’année 2027. Unie derrière leur président Jean Studer, l’équipe qui
allumera les feux culturels a dévoilé les jalons de ce projet capital pour la ville et le canton.

Les 12 coups de minuit
Cadran, calendrier, apôtres, œufs : c’est au rythme de la douzaine que va s’articuler Capitale culturelle 2027. Douze mois pour encenser le patrimoine culturel intrinsèque de la Métropole horlogère, auxquels viendront s’ajouter 300 événements organisés durant cette année grandiose qui promet énormément, selon Olivier Schinz et Laurence Perez qui ont dévoilé une partie de la programmation.

31 décembre 2026 : un début par la fin (de l’année)
Réservez déjà la soirée du réveillon et prévoyez votre nuit dans la rue Centrale des Vieux Abattoirs. En compagnie du collectif La Crush pour une mise en ambiance crescendo avant que les DJ animent et mettent le feu à la nuit avec les Marseillais de Maraboutage, les Neuchâtelois de Secteur Sucre ou Sami Galbi, un pro des rythmes électro.

Une métamorphose en 12 mois

En janvier – on se met dans le rythme
Janvier sera placé sous le signe de rallumer la nuit. C’est le 2 janvier que se tiendra la « vraie » cérémonie d’ouverture. Elle sera ponctuée de temps forts comme celui de la découverte de l’œuvre monumentale de Tenko dans le hall de la gare. Le week-end qui suit verra la célébration de la démocratie suisse à la Maison du peuple, tandis que les Anciens Abattoirs donneront lieu à de l’improvisation et que la salle de musique accueillera la pianiste polonaise Hania Rani.

En février – la mémoire se décline en images
Sous le thème mécanique de l’oubli, le MIH mettra en valeur les pièces de la fondation Édouard et Maurice Sandoz. Des objets d’une précision remarquable, des pièces délicatement ouvragées, où le niveau de détail confine à l’extraordinaire. Nuit de la photo augmentée, projection de figures locales sur les façades, ou encore réinterprétation par l’artiste Claudia Comte de la tempête du 24 juillet 2023 aux Vieux Abattoirs.

En mars – le carnaval reprend sa place
En mars, il y aura 31 jours pour honorer le feu collectif avec la résurrection du carnaval de La Chaux-de-Fonds en toile de fond et la présence de Guggenmusik venues de toute la Suisse pour marquer la fin de la période hivernale.

En avril – on découvre le fil de l’humour
Le menu du mois d’avril est placé sous l’esprit farceur des Montagnes, avec comme slogan : « Le rire, c’est bon pour la santé ». Pour vérifier cet adage devenu viral, lcdf27 proposera des formes diverses et indisciplinées qui bourgeonneront au travers de cortèges traversant la ville, au son des fanfares et sous l’égide de la figure tutélaire de Zouc, dont l’humour décalé des montagnes trouve en Tiphanie Bovay-Klameth l’une de ses héritières.

En mai – Fais place aux pavés !
À l’image de 1968 en France, mai sera thématisé sous nos pavés, nos histoires. Mouvements ouvriers avec le 1er mai pour célébrer les travailleuses et travailleurs, le mois du muguet sera aussi celui de la remise en question de l’ordre social et des mouvements alternatifs. En collaboration avec l’EPFL, 200 étudiants prendront de la hauteur dans un exercice d’urbanisme tactique qui verra la Grande Fontaine revisitée ; les visiteurs pourront la gravir, s’y installer et regarder un peu plus à l’est où s’organisera la fête marquant les 35 ans de Bikini Test.

En juin – on fait chauffer le tarmac de l’aéroport des Éplatures
En juin, les organisateurs capitaliseront sur les grands événements. Aux Anciens Abattoirs, coup d’envoi du festival Ultra froid, méga loin. En journée : exploration des idées et thématiques qui façonnent le monde de la musique. Le soir, place à la pratique avec des allers-retours constants entre écoute et danse sur 3 scènes où cohabiteront électronique, rap et jazz contemporain. Le week-end du solstice d’été, Louis Jucker animera le festival DIY (Do It Yourself). Le 26 juin, Boris Charmatz investira le tarmac des Éplatures où les vols seront remplacés par l’envol d’une fête chorégraphique de masse.

En juillet – la Tchaux devient une mini Piazza Grande
À 1000 mètres d’altitude, la ville reste respirable quand d’autres suffoquent. Quand la nature infiltre la ville est le mot-clé de juillet. Dans une ambiance locarnaise, le festival du film de Locarno et son léopard investiront la place du Marché devenue mini Piazza Grande. Ici, depuis longtemps, la nature est entrée dans la ville à l’image du style sapin, des branches et sapins stylisés ou des façades Art nouveau de La Chaux-de-Fonds. Avec sa balade chorégraphique, ADN Danse cherche aussi à rapprocher nature et culture en sortant la danse de ses murs. Glissant ses pas dans ceux de Marc Oosterhoff qui nous fera gagner la forêt.

En août – les frontières disparaissent
Fronts et frontières avec, en août, des spectacles vivants en 3 temps. Celui de la Plage des Six Pompes et de ses salles de spectacle à ciel ouvert dans toute la ville. La fête se prolonge, en cette année exceptionnelle, sur une friche des CFF où apparaissent des chapiteaux dont celui de Circo Bello. Alors que les mâts se démontent et que les toiles se replient, les Anciens Abattoirs reprennent du service pour la nouvelle création d’Anne Bisang.

En septembre – la braderie et lcdf27 en « chœur »
Septembre accueillera un flux important de visiteurs pour une ville en chœur. D’abord les 150 000 visiteurs de la Braderie, venus célébrer la 50e édition de ce marché populaire, auxquels s’ajoutera le flot de mélomanes attendus pour les Schubertiades – une production de la RTS – destinées à rendre populaire la musique classique. Au programme : une messe allemande chantée en public sur le parvis de la gare CFF.

En octobre – on fait de la place dans le salon
En ce mois d’octobre, c’est le temps des confidences dans le foyer. La culture s’invite chez les habitant·es pour un peu de théâtre dans le salon ou une lecture en cuisine. Elle s’invite aussi chez celles et ceux qui ne peuvent pas venir à elle comme dans les homes, à l’hôpital et même dans la prison où lcdf27 fera entrer un concert car « tout le monde a le droit d’avoir sa capitale », comme le dit Laurence Perez (directrice artistique).

En novembre – on fait la fête avec les morts
Novembre sera marqué par le premier jour du mois, celui de la Toussaint. Marcher avec les fantômes en sera le thème, distillé aux Vieux Abattoirs, notamment autour de la réaffectation et de la requalification du lieu. Originellement voué à la mort, le lieu s’offre une nouvelle vie. Non loin de là, le cimetière des Éplatures est en cours de désaffectation. Ce qui pourrait rester un geste administratif devient un passage à accompagner avec la carte blanche La Veilleuse de Virginie
Rebetez et Julie Houriet.

En décembre – On vient boucler la boucle tous ensemble
Boucler la boucle ce sera chose faite en décembre. Depuis plusieurs mois, une drôle de fiction se tourne dans les Montagnes. Le scénario fait état de la Ville capitale, de la Ville du bas et de la Ville d’à côté. Ça vous rappelle quelque chose ? Avec Grand Lac, André Kuenzy, construit cette superproduction qui mettra en scène des acteurs et actrices professionnels ainsi que des bénéficiaires de la fondation Les Perce-Neige.

Interview du directeur général Olivier Schinz

Olivier Schinz, maintenant que les jalons sont posés, vous allez pouvoir souffler ?
(il rigole !) Pensez-vous, tout ne fait que commencer car il reste beaucoup à faire. On a présenté les principaux jalons qui vont servir de repères à cette année pleine d’événements culturels mais il faut comprendre que c’est un mouvement de fond qui va inclure une multitude d’activités dans différents endroits de la ville. Il y aura les « temps-forts » mais beaucoup d’autres choses intéressantes à côté également.

Sur les quelques 300 événements, environ une septantaine concerneront directement des acteurs culturels locaux. Les tensions sont donc retombées avec eux ?

Aujourd’hui, on travaille avec sérénité et on sait précisément où l’on va. Il faut comprendre que c’est une grosse machine et que l’on partait de zéro puisque c’est la première fois qu’une ville suisse devient capitale culturelle. Aujourd’hui, on peut dire que les tensions sont derrière nous et on avance avec énormément de personnes, de troupes, d’association et de compagnies de la région. Le 26 mai, on a accueilli environ un demi-millier de partenaires qui participent déjà de près ou de loin à l’élan collectif qui s’est créé autour de lcdf27.

La prochaine grande échéance est fixée au 22 septembre avec l’annonce du programme complet et l’ouverture de la billetterie (car tout ne sera pas gratuit pour le million de visiteurs attendus), tout est prêt pour ce moment historique ?

Oui, tout est prêt ou le sera. Il est important de préciser qu’il n’y a pas que l’aspect programmatique mais toutes les thématiques qui en découlent comme le transport et l’hébergement par exemple. Notre réflexion se doit donc d’être globale et notre équipe organisationnelle passera d’une vingtaine à une trentaine de personnes dans les mois à venir. Des nominations vont avoir lieu.

Interview du directeur général Olivier Schinz

Olivier Schinz, maintenant que les jalons sont posés, vous allez pouvoir souffler ?
(il rigole !) Pensez-vous, tout ne fait que commencer car il reste beaucoup à faire. On a présenté les principaux jalons qui vont servir de repères à cette année pleine d’événements culturels mais il faut comprendre que c’est un mouvement de fond qui va inclure une multitude d’activités dans différents endroits de la ville. Il y aura les « temps-forts » mais beaucoup d’autres choses intéressantes à côté également.

Sur les quelques 300 événements, environ une septantaine concerneront directement des acteurs culturels locaux. Les tensions sont donc retombées avec eux ?

Aujourd’hui, on travaille avec sérénité et on sait précisément où l’on va. Il faut comprendre que c’est une grosse machine et que l’on partait de zéro puisque c’est la première fois qu’une ville suisse devient capitale culturelle. Aujourd’hui, on peut dire que les tensions sont derrière nous et on avance avec énormément de personnes, de troupes, d’association et de compagnies de la région. Le 26 mai, on a accueilli environ un demi-millier de partenaires qui participent déjà de près ou de loin à l’élan collectif qui s’est créé autour de lcdf27.

La prochaine grande échéance est fixée au 22 septembre avec l’annonce du programme complet et l’ouverture de la billetterie (car tout ne sera pas gratuit pour le million de visiteurs attendus), tout est prêt pour ce moment historique ?

Oui, tout est prêt ou le sera. Il est important de préciser qu’il n’y a pas que l’aspect programmatique mais toutes les thématiques qui en découlent comme le transport et l’hébergement par exemple. Notre réflexion se doit donc d’être globale et notre équipe organisationnelle passera d’une vingtaine à une trentaine de personnes dans les mois à venir. Des nominations vont avoir lieu.

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