Dans la bibliothèque du Haut, on y trouve…

Anthony Picard

Début mai 1758, Abram-Louis Sandoz, fabricant de cabinets de pendules et éleveur de bétail originaire de La Chaux-de-Fonds, accompagne son beau-fils Pierre Jaquet-Droz
ans un périple de 49 jours pour Madrid. Dans son carnet de voyage, il raconte cette extraordinaire expédition commerciale, au cours de laquelle six pendules neuchâteloises sont acheminées jusqu’à la cour d’Espagne. Un voyage qui fera les choux gras de Jaquet-Droz.

Le manuscrit sort des murs avec un certain succès

Grâce au travail d’édition de la Nouvelle Revue neuchâteloise, Michel Schlup propose aux amateurs une édition fac-similé. Imprimé et relié, cet ouvrage de plus de 350 pages relate le voyage de Jaquet-Droz et de son ouvrier Jacques Devril. Tiré à 200 exemplaires, ce beau livre, qui vient de sortir de presse, connaît déjà un franc succès. Proposé à 39 francs, les amateurs de récits de voyage d’un autre temps font une belle affaire. Munis de leur précieux chargement, les aventuriers traversent d’abord la Franche-Comté. Au fil des routes, des péages et des droits de douane, les voyageurs progressent sur des chemins carrossables dépourvus de signalisation.

Quarante-neuf jours de voyage racontés en détails

À l’époque, aucun panneau indicateur. Pour trouver leur chemin, les voyageurs doivent interroger les indigènes. Arrivé à Lyon le 13 avril, le convoi initial – une carriole et un char tirés par des chevaux – est vendu sur place. Prudents, Jaquet-Droz et ses compagnons ont recours aux services d’un professionnel du roulage qui s’engage à les conduire jusqu’à Barcelone au moyen d’un char tiré par des mules. Le 3 mai, ils atteignent la Catalogne. Sur place, grâce aux contacts de Jaquet-Droz, le dédouanement est facilité. Nos Montagnons peuvent alors visiter la ville, acheter des épées et des provisions tout en se mettant en quête d’un voiturier capable de rejoindre Madrid. Ce qui sera chose faite le 22 mai après 14 nouvelles journées de voyage.
Patience, patience et… patience !

Pressé de conclure, Jaquet-Droz s’empresse de solliciter des Suisses installés à Madrid pour faciliter sa rencontre avec Ludovic VI. Malgré ses entrées, l’horloger patientera jusqu’au 4 septembre avant de présenter ses pièces au souverain accompagné de son favori, le célèbre chanteur Farinelli et d’une partie de la cour. Enthousiaste, le souverain se porte acquéreur de 5 pendules dont la célèbre pendule du Berger, encore visible aujourd’hui au palais royal de Madrid. Passé ce moment de réjouissance, Jaquet-Droz devra attendre le 23 novembre avant de recevoir les ¾ des 2000 pistoles ; le paiement du solde étant convenu après l’installation finale des pendules. NB : la 6e pendule est cédée à Don Jover, le logeur madrilène de Jaquet-Droz.

photo: ap

Journal d’Abram-Louis Sandoz 
(Plus de 350 pages)

La bibliothèque de la ville regorge de trésors, dont le journal de Sandoz qui raconte comment 6 chefs-d’œuvre de l’horlogerie neuchâteloise ont voyagé jusqu’à Madrid pour être vendus à de riches acquéreurs pour l’équivalent de 2000 pistoles, une somme qui permettait à l’époque d’acheter 4 belles fermes neuchâteloises.


Un ouvrage hors norme

Fruit des notes prises sur le vif, le manuscrit décrit avec une étonnante précision le quotidien des hommes et des femmes du milieu du XVIIIe siècle. Au fil des pages, Abram-Louis Sandoz rapporte ce qu’il voit, consomme et ressent. Le récit est un témoignage précieux tant sur la vie quotidienne et les conditions de voyage que sur l’horlogerie et les relations commerciales de son époque. Le récit original est enrichi d’une importante introduction de Michel Schlup, qui permet de replacer ce périple dans son contexte.

Plus qu’un récit de voyage, ce carnet de routes témoigne d’une époque où les routes étaient longues, les déplacements incertains et les affaires commerciales soumises à d’innombrables aléas. Il fait revivre l’une des nombreuses aventures qui ont contribué à donner de l’essor international à l’horlogerie neuchâteloise.

 

Photos : ap
Photos : ap

Journal d’Abram-Louis Sandoz 
(Plus de 350 pages)

La bibliothèque de la ville regorge de trésors, dont le journal de Sandoz qui raconte comment 6 chefs-d’œuvre de l’horlogerie neuchâteloise ont voyagé jusqu’à Madrid pour être vendus à de riches acquéreurs pour l’équivalent de 2000 pistoles, une somme qui permettait à l’époque d’acheter 4 belles fermes neuchâteloises.


Un ouvrage hors norme

Fruit des notes prises sur le vif, le manuscrit décrit avec une étonnante précision le quotidien des hommes et des femmes du milieu du XVIIIe siècle. Au fil des pages, Abram-Louis Sandoz rapporte ce qu’il voit, consomme et ressent. Le récit est un témoignage précieux tant sur la vie quotidienne et les conditions de voyage que sur l’horlogerie et les relations commerciales de son époque. Le récit original est enrichi d’une importante introduction de Michel Schlup, qui permet de replacer ce périple dans son contexte.

Plus qu’un récit de voyage, ce carnet de routes témoigne d’une époque où les routes étaient longues, les déplacements incertains et les affaires commerciales soumises à d’innombrables aléas. Il fait revivre l’une des nombreuses aventures qui ont contribué à donner de l’essor international à l’horlogerie neuchâteloise.

 

Découvrez nos autres articles