Entre la puissance sonore de sa guitare et la précision chirurgicale de Tekken 8, Jonas Nufer refuse les étiquettes. Musicien au sein d’Aka Idiots, skater insatiable et passionné de mangas, il incarne cette génération de créateurs qui nourrissent leur art de mille univers. Rencontre avec un artiste chaux-de-fonnier pour qui chaque passion est une nouvelle manière de vibrer.
Tout commence à l’adolescence, par un pari avec lui-même pour se décrocher de World of Warcraft. « Mon apprentissage de la guitare a vraiment décollé le jour où j’ai décidé de mettre le jeu vidéo de côté. Je me suis fait une règle : à chaque fois que j’avais envie de jouer, je prenais ma guitare à la place », se souvient Jonas Nufer.
Aujourd’hui, la guitare occupe ses mains la majorité du temps et le jeu vidéo est devenu une bouffée d’air frais. « Je suis un immense fan de jeux de combat, notamment Tekken 8. Une passion qui influence même son oreille musicale : « J’écoute énormément de BO de jeux vidéo. Les titres de Donkey Kong Country ou de Super Mario 64 ont ce côté ultra-efficace qui me parle énormément. »
La voix pour se faire entendre, la pancarte pour se faire remarquer
Après une solide expérience avec le groupe Walldown, Jonas s’épanouit désormais au sein d’Aka Idiots. Le projet est intense, exigeant. Alors que le groupe planche sur son futur album, le souvenir de leurs performances passées reste vibrant. Il évoque notamment leur relation atypique avec le célèbre groupe suédois The Hives. « On est allé les voir à Zurich avec des costumes inspirés des leurs et une pancarte disant : « Si vous êtes fatigués, on peut jouer. » Ils ont pris la pancarte en photo ! Récemment, à Festi’Neuch, le chanteur a fini par dire au micro : « Je connais ces gars, c’est le meilleur groupe de punk de Suisse. On était comme des fous ! »
Du bitume au surf-rock
Quand il ne gratte pas ses cordes, Jonas arpente la ville en skate à la recherche d’autres courbes. « C’est une forme d’expression : tu cherches des lignes et tu redécouvres l’espace. » Cette quête de fluidité, issue de son amour pour le surf, nourrit également son surf-rock, un genre instrumental saturé de réverbérations. Son appétit créatif s’étend au dessin, héritage de sa formation en design horloger et de sa passion pour les mangas. « Mon auteur favori reste Naoki Urasawa, dont les œuvres sont des déclarations d’amour à la musique », confie-t-il, citant Gachiakuta comme sa recommandation actuelle, une œuvre dont l’esthétique résonne avec son goût pour le design.
La Chaux-de-Fonds, un QG bienveillant
Ancré dans sa ville, Jonas ne tarit pas d’éloges sur l’écosystème chaux-de-fonnier. « C’est une ville d’artistes où il est facile de rencontrer des gens qui sortent des sentiers battus. Il y a des lieux très underground comme les studios de Humus Records qui font un travail de dingue. » Et pour décompresser après une répétition ou un concert ? « Notre QG reste le bar L’Entourloop. C’est un lieu emblématique où l’on croise des geeks, des mélomanes et des gens de tous horizons dans une ambiance assez libre. »
Entre 2 dates de tournée – notamment le 28 août 2026 au Mojito Festival à La Chaux-de-Fonds – Jonas Nufer continue de tracer sa route, sans complexe. Que ce soit sur un skate, une console ou une scène, Jonas ne cherche pas la performance brute mais cette étincelle rare où la passion devient un jeu sans fin.


























