Le spectacle, la musique et l’enchantement se sont donné rendez-vous du 15 au 30 août pour les Jardins musicaux.
Mais pas sur n’importe quelle scène, non ! Les œuvres prennent forme aussi bien dans la mythique Grange aux concerts
de Cernier que sur la route, que ce soit dans le parc Chasseral, au temple d’Engollon, dans une vieille ferme bio ou encore
dans la beauté brute de l’ancienne fabrique de pâte à papier de Rondchâtel. Côté cour, on trouve le dépaysement.
Et côté jardin, on laisse place à l’évasion. Découvrez avec nous 2 lieux emblématiques de l’événement.
1. La Grange aux concerts
Le son de blé est son enveloppe extérieure très dure qui protège le grain qui se trouve à l’intérieur. Pourquoi je vous dis ça ? Pas pour vous faire un cours sur les céréales mais pour vous parler de la Grange aux concerts de Cernier. Un lieu mythique qui est passé du son de blé au son… tout court. Vous allez comprendre. À la fin des années 1990, l’école d’agriculture de Cernier s’est transformée en centre des métiers de la terre (devenu Evologia). Certains bâtiments de l’ancien domaine n’ont plus été utilisés. Les écuries, les étables, les granges et les terres de la ferme furent louées. Il ne subsista alors qu’une friche constituée d’ateliers, de hangars et de la halle aux grains.
Installer un festival de musique classique dans une grange, pourquoi pas ?
Tout cela dans un contexte général qui a rendu la population de plus en plus citadine. Cette évolution sociétale s’est malheureusement faite au détriment de la paysannerie. Les pouvoirs publics ont alors réfléchi aux nouveaux liens à créer entre la ville et la campagne pour éviter que le divorce ne soit totalement consommé entre ces 2 univers. Fête la terre est née de cette volonté politique. Pour marquer encore davantage le coup, il fut demandé à Maryse Fuhrmann et Valentin Reymond de créer un festival dédié à la musique et aux arts vivants. Dès lors, pourquoi pas l’installer dans l’une ou l’autre grange disponible ? Pari audacieux. Pari tenu. Une grange est vidée de son foin pour les 3 premières éditions de ce qui allait devenir le festival Les Jardins musicaux.
L’actuelle Grange aux concerts vit depuis 25 ans
Le public répond d’emblée en nombre et brave courageusement les conditions poussiéreuses des lieux. Les musiciens s’entassent sur un praticable trop étroit, les mouches vagabondent entre les multiples poutres qui rendent difficile une vision complète du spectacle. Mais tout le monde tient bon. L’actuelle Grange aux concerts est finalement investie en 2001. Tout aussi vétuste que la première, elle dispose cependant d’un fort potentiel de développement. Des aménagements sont réalisés durant 2 décennies pour en faire cet endroit si particulier et si apprécié aujourd’hui. Elle accueille des publics variés qui occupent le lieu plus de 160 jours par an.
2. L’usine « hors du temps » de Rondchâtel
En 2009, Les Jardins musicaux et le parc Chasseral présentaient une installation spectaculaire de Rudy Decelière à Evologia : 1000 haut-parleurs dans un verger. Cette création originelle a forgé une collaboration forte entre 2 organisations qui s’est traduite, année après année, par des événements marquants sur le territoire du parc. C’est de là qu’est né le concept de bal(l)ades… du festival. Elles conjuguent une surprise musicale et une découverte patrimoniale. Les artistes s’imprègnent de ces lieux inhabituels pour enrichir leurs processus créatifs.
Les turbines hydrauliques s’arrêtent, la production d’électricité commence
Au final, il en découle des moments aussi intimes, profonds et hors de l’espace-temps conventionnel comme le concert qui aura lieu le 29 août dans l’ancienne usine de pâte à papier de Rondchâtel (voir le programme en scannant le QR Code). C’est le vestige de l’exploitation industrielle de la rivière la Suze. Construite en 1882, l’usine livrait la matière première à la fabrique de papier de Biberist dans le canton de Soleure. Trente ans plus tard, le bâtiment a été agrandi avant que la production ne s’arrête en 2002. Puis les turbines hydrauliques ont été modifiées pour produire de l’électricité. Cette nouvelle affectation a donné l’impulsion nécessaire à la restauration de l’enveloppe des bâtiments anciens, réalisée entre 2013 et 2015. En 2017, la commission d’experts pour la protection du patrimoine du canton de Berne a remis un prix récompensant ceux qui ont œuvré à la préservation de ce monument industriel.




























