De Ceuta jusqu’au Locle, le périple réussi d’une famille de 7 personnes !

Par Kevin Vaucher

Hikram est espagnole d’origine marocaine. Ses grands-parents ayant été recrutés par Franco pour la guerre civile espagnole, c’est dans le pays ibérique qu’elle est née. « Avec mon mari Ahmed, nous avons grandi à Ceuta où nous avions 2 bureaux de courtage en assurances. » Ce bel équilibre a malheureusement été balayé par l’arrivée du Covid. Grâce à une connaissance, c’est au Locle que la famille est venue chercher plus de stabilité en février 2024. Arrivés à 5, c’est à 7 (avec 5 enfants à charge) qu’ils vivent désormais leur nouvelle vie. « C’est ici que notre famille s’est agrandie, le Haut est notre nouveau chez-nous. » Et si on allait leur rendre visite ?

« Notre lien avec le Haut est total. Le Locle a été notre première et notre seule maison en Suisse. Nous nous sommes bien adaptés. Nous sommes venus pour travailler et pour faire notre vie ici. Nous aimons la culture suisse, l’organisation, l’ordre et la propreté », déploie d’abord Hikram en « bonne Suissesse d’adoption ». Et l’Espagne dans tout ça ? « Nous sommes arrivés au Locle grâce à une amie de Ceuta qui avait fait le voyage avant nous. Son mari n’ayant pas trouvé de travail, elle a dû rentrer au pays. Nous, on ne veut pas rentrer, on se sent trop bien ici. Je n’aime pas dire du mal de l’Espagne mais je me suis toujours sentie étrangère là-bas. »

Apprendre à skier : « C’est pour cette saison, promis ! »
Vos mots sont forts Hikram… « Oui, je sais ! Mais c’est vraiment ce que je ressens. Au Locle, on sent que le respect de l’autre prime et que le travail et l’effort sont valorisés. » La qualité de vie au quotidien est également différente : « Il y a plein de choses à faire en famille aux alentours. Les activités du mercredi au centre Les Entilles ou aux Éplatures sont géniales. La ludothèque du Locle est devenue un indispensable pour les longs après-midis d’hiver grâce à ses jeux de société. Il ne nous manque plus qu’à savoir skier et on est prêts pour la naturalisation », rigole-t-elle. « C’est pour cette saison, promis ! »
Le plus compliqué ? « Trouver un logement assez grand… »
La découverte de la neige « en vrai » reste d’ailleurs un moment inoubliable pour Daniyal (7 ans), Akram (6 ans), Amira (bientôt 4 ans) ainsi que les jumeaux Salma et Salim (17 mois). Il n’en reste pas moins que la vie d’une famille si nombreuse peut être compliquée en Suisse. « Mais c’est possible ! Tout est question d’organisation et de travail d’équipe. Mon mari travaille et moi, je m’occupe des enfants. Le plus compliqué est de trouver un logement assez grand – ce qui a été fait – et de gérer la logistique. Il faut tenir un planning précis avec les horaires des cours de chacun, les rendez-vous extrascolaires, les activités sportives et les loisirs. »

« Vivre à 7 n’est pas un handicap ! »
Faire le budget pour les courses est également un sacré défi ! « On a appris à acheter local, de saison et, surtout, à ne rien gaspiller. » Dans un canton où le taux de fécondité est de 1,24 enfant par femme, ce quotidien détonne et Hikram en a fait une page Instagram (@maman_romande_ch) suivie par plus de 16 000 personnes. « C’est autant pour partager notre expérience de famille nombreuses que des bons plans et des astuces. C’est important de montrer que vivre à 7 n’est pas un handicap. » C’est juste « une différence » et, comme toutes les différences, c’est elle qui fait la force de cette famille !

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