À 23 ans, James, connu sous le pseudonyme Name No Manga, s’est imposé comme un créateur actif du paysage numérique romand. Il cumule plus de 40 000 abonnés sur TikTok, YouTube et Instagram où il développe des contenus centrés sur la culture manga. Originaire de La Chaux-de-Fonds et d’ascendance italo-tunisienne, il propose régulièrement des vidéos au format direct, axées sur le partage et la vulgarisation de ces univers, notamment de celui de Fairy Tail.
Si son nom résonne dans les sphères du manga, c’est avant tout pour son analyse sans filtre de Fairy Tail. James est un paradoxe vivant : le plus grand fan de la série, mais aussi son plus grand détracteur. « Je suis exigeant parce que j’aime profondément cette série », se défend-il avec cette sincérité qui le caractérise. Cette passion l’a conduit jusqu’à une rencontre marquante avec le mangaka Hiro Mashima lors d’une séance de dédicaces. Un moment suspendu où le créateur de contenu, bafouillant face à son idole, a pu lui confier : « C’est grâce à toi que je fais des vidéos. » Un événement important dans sa vie de créateur, même s’il refuse de le considérer comme un tournant décisif.
Du rétro-gaming aux mangas
Avant de devenir la voix de Fairy Tail, James a fait ses armes sur YouTube avec le retrogaming. Sa collection témoigne de cette époque : « Ma première console avec de vrais souvenirs est la GameCube », se souvient encore celui qui reste attaché au plaisir physique de posséder ses jeux en boîte. Une pratique qui détonne face à la dématérialisation croissante imposée par les géants de l’industrie. Pour lui, le passage au tout numérique est une erreur stratégique qui néglige une partie du public. S’il a mis sa chaîne Tumble 67 en pause, le jeu vidéo reste un ancrage. Que ce soit sur Street Fighter 2 avec son frère ou l’envie de se replonger dans les bugs légendaires de GTA San Andreas, James reste un puriste, un joueur qui préfère la sensation du disque et de la cartouche sous les doigts.
La réalité du créateur en Suisse
La vie de créateur de contenu depuis les Montagnes neuchâteloises n’est pas sans obstacles. L’absence de plateformes comme Vinted, la complexité logistique des points relais, et l’éloignement des grands pôles événementiels français sont autant de freins au développement de son activité. Son regard sur La Chaux-de-Fonds est toutefois teinté d’une nostalgie douce-amère : il aime le carillon et l’âme des bâtiments anciens mais ne cache pas son exaspération face à la fermeture des commerces et à l’évolution du centre-ville.
Son « joystick » regarde vers Paris
Son regard est désormais tourné vers la France, idéalement proche de Paris, pour multiplier les collaborations et s’ouvrir de nouveaux horizons. Si l’algorithme semble parfois l’enfermer dans sa case Fairy Tail, James ne s’en formalise pas. Il réfléchit à des stratégies de multi-comptes, conscient que la monétisation impose de jouer avec les règles du jeu. En attendant le grand saut, il continue de décortiquer les arcs narratifs, les pouvoirs de ses personnages favoris et l’actualité de la guilde la plus célèbre du manga. Un créateur ancré dans le réel, qui n’a pas fini de faire grincer quelques dents tout en fédérant une communauté qui, elle, lui rend bien son enthousiasme.




























