Elliott Sutter est un Chaux-de-Fonnier fier de ses racines. C’est aussi un passionné de sport. Il a d’ailleurs écumé plusieurs clubs du Haut durant sa jeunesse. Il y a quelques semaines, ce vendeur en grande surface s’est lancé un pari audacieux : créer sa propre marque de vêtements (Steelnorth) destinée notamment à équiper les clubs de la région. Ce qui l’a poussé à se lancer est un épisode particulièrement violent : un braquage durant lequel il a eu une arme pointée directement sur la tête. Récit !
D’apparence, Elliott Sutter est un jeune homme de 28 ans totalement heureux. Très souriant, dynamique et avenant, il est parfait pour le rôle humain de vendeur-gérant en grande surface. Mais ce costume pourtant taillé sur mesure ne lui suffisait plus. Il avait besoin de laisser exprimer sa folie créatrice. « J’ai donc lancé une gamme de vêtements en juin dernier », lâche-t-il avec un sourire qui en dit long sur sa satisfaction ! « Je me suis toujours beaucoup intéressé à tous les sports et je me suis logiquement plutôt orienté dans la voie des équipements sportifs mais je suis ouvert à d’autres domaines. »
« Pas une usine à fric »
Pour l’instant, son idée est donc d’équiper les clubs de la région. Sa promesse est d’offrir une marque créée localement et de permettre des possibilités de personnalisation à l’infini. « Le client est roi comme on dit. » S’il s’inspire volontiers du design toujours soigneusement travaillé des maillots des équipes de foot anglaises, il s’adaptera à toutes les demandes de ses futurs clients. « Je ne nourris aucun espoir de devenir une usine à fric ! Ce que j’aimerais, moi, c’est offrir de la qualité à des prix abordables pour les sportives et les sportifs. Ma volonté est que chaque membre d’un club puisse avoir le bonheur de s’équiper aux couleurs qu’il défend. »
Avancer à son rythme
Pour y arriver un jour, Elliott opte pour une stratégie prudente : « Je vais grandir petit à petit, à mon rythme. Pour le moment, je délègue encore la fabrication mais je m’occupe déjà du design, de la communication et du marketing. » Le plus difficile ? Trouver un fabricant qui n’impose pas une quantité minimale de commande et qui adhère à son projet à taille humaine. « Ce n’est pas toujours évident de faire valoir mes arguments et mes valeurs dans un monde où le business domine sur tout le reste. Mais j’y arrive et je n’ai surtout aucune pression financière puisque je travaille toujours à mi-temps en parallèle de ma nouvelle activité. »
Le déclic : un braquage particulièrement violent
Vendeur en grande surface, c’est là qu’il a vécu, malgré lui, le déclic qui l’a gentiment poussé vers le design. Un braquage, tôt le matin, à son arrivée au travail. « Un homme a surgi d’une ruelle et m’a posé un pistolet sur la tête. » Il n’en dira pas plus sur cet épisode qui n’a pas encore fini de le hanter aujourd’hui. La création semble agir sur lui comme une façon de libérer son esprit et comme une échappatoire vers un environnement qui l’apaise. « J’ai déjà commandé plusieurs échantillons pour tester la qualité et améliorer sans cesse mes produits. J’aime ce processus qui me conduit petit à petit vers ce que je veux. » Le chemin de la guérison rejoindra-t-il celui du succès ?




























