Cuche et… Gobet : bientôt un grand classique sur scène ?

Par Kevin Vaucher 

Il y a des duos si forts qu’ils semblent indissociables. Si je vous dis Cuche, vous me dites… Barbezat, bien sûr ! Mais sur scène comme à la ville, il y a parfois des « libertinages », des nouveaux couples qui se forment et des familles recomposées. Il y a même des rapprochements que personne n’avait vu venir. Celui entre l’humoriste Benjamin Cuche et la pianiste Véronique Gobet est de ceux-là. Pourtant, ça fonctionne ! Réunis autour de contes pour enfants, l’un captive par la narration et son jeu engagé pendant que l’autre séduit par la musique classique et son pouvoir de la rendre accessible.

Cuche et… Gobet, ça vous surprend ? Eh bien pas eux ! Les 2 artistes sont des amis de toujours qui sont allés à l’école ensemble. « Plus tard, quand on avait la vingtaine, on est même déjà monté sur scène tous les 2 », confie la pianiste qui s’est fait une spécialité de la démocratisation et l’explication des œuvres de musique classique. « C’est justement dans cette volonté de rendre accessible au plus grand nombre ce type de musique que nous remontons ensemble sur les planches avec Benjamin (Cuche). »

Cuche et les enfants : ça « matche » immédiatement !
Le duo fonctionne par sa complémentarité mais aussi par sa complicité : Benjamin a l’art de toujours improviser un peu sur scène et de réussir à interagir avec les spectateurs, même lorsqu’ils ont entre 5 et 13 ans (le cœur de cible de leur spectacle). « Avec sa gestuelle un peu folle et son interprétation engagée, son jeu plaît beaucoup aux enfants. Et puis, il n’hésite pas non plus à m’intégrer à la narration et à utiliser ma présence pour nourrir son jeu. Je deviens un véritable personnage de l’histoire grâce à lui. » La principale difficulté pour que le duo en soit vraiment un est de ne pas occulter « l’aspect musique » qui cohabite avec le conte narré par l’homme de théâtre.

Passer du métal à la musique classique, c’est possible
« Les rires ne me dérangent absolument pas, ils font partie du spectacle. Et puis, vous savez, Benjamin ne fait pas toujours le clown », ajuste Véronique Gobet. Il y a des moments où le piano prend la vedette quelques minutes. Les parents y trouvent donc leur compte tout en permettant à leurs enfants de découvrir des œuvres de grands compositeurs. Pour certains, c’est la première fois qu’ils sont confrontés à du classique.
« Une spectatrice m’a dit un jour qu’elle avait écouté du métal toute sa vie et qu’elle avait aimé le classique grâce à moi. C’est l’un des plus beaux compliments qu’on puisse me faire car je considère qu’un bon morceau de musique est celui que l’on comprend sans en être un expert. »

Rendez-vous le 26 septembre à La Chaux-de-Fonds
Le sens du partage, voilà peut-être bien ce qui rapproche l’univers de Véronique Gobet à celui de son binôme. Les 2 arts mis ensemble touchent plus largement le jeune public venu pour écouter Le Carnaval des animaux, comme ce sera le cas le 26 septembre à La Chaux-de-Fonds (salle Faller, conservatoire de musique, avenue Léopold-Robert 34,
10 h 30). Il s’agit d’une suite de morceaux musicaux et humoristiques, décrivant chacun un animal. La version originale de Camille Saint-Saëns (1886) – uniquement instrumentale – a ensuite été adaptée pour piano solo puis enrichie narrativement, notamment par Francis Blanche. » Déjà très adaptée pour les enfants, l’œuvre est carrément sur mesure pour eux grâce au coup de griffe créatif de Benjamin Cuche et aux coups de pattes poétiques de Véronique Gobet.

Et si vous « jeûniez » autour du piano ?

Bien qu’elle se plaise en duo aux côtés de Benjamin Cuche, la pianiste Véronique Gobet poursuit également sa carrière solo. Elle offrira d’ailleurs un récital constitué d’œuvres de Chopin lors du lundi du Jeûne, 21 septembre, au château de Valangin (17 h). « J’aime cet endroit un peu hors du temps et ce jour férié où les gens prennent le temps de se détendre. »

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