Joël Zürcher, maître rucher loclois depuis 17 ans

Par Cédric Dupraz

Essentielles à notre écosystème, les abeilles fascinent. Rencontre avec Joël Zürcher, un Loclois passionné, qui veille sur son rucher (groupes de ruches) depuis 17 ans.

« Cette passion m’est venue d’un ami apiculteur », nous confie Joël. Depuis, le Loclois ne cesse de s’émerveiller du fonctionnement des abeilles. « Il y a quelque chose d’incroyable à voir évoluer cette organisation millimétrée, à la fois si structurée et si fragile. » Une ruche peut abriter plus de 50 000 abeilles autour d’une seule reine : un véritable petit monde où chaque individu jour un rôle essentiel.

La sécheresse a privé les abeilles de nourriture
Chaque ruche produit en moyenne entre 20 et 40 kilos de miel. La totalité n’est cependant pas récoltée afin de garantir leur subsistance. Ce qui inquiète aujourd’hui Joël, ce sont bien sûr les variations climatiques. En 2026, sa production de miel n’a toutefois pas été directement impactée. La floraison et la miellée de printemps ont été particulièrement généreuses d’avril à juin. Malheureusement, « avec la sécheresse estivale, les abeilles se sont retrouvées à court de nourriture », constate-t-il. Côté goût, l’arôme de fleurs, notamment de pissenlit et d’érable, mais aussi de trèfle, d’aubépine, de framboisier et de mûrier donne toute la saveur du miel. L’apiculteur observe néanmoins des changements notables depuis quelques années.

Le climat change, le miellat gagne du terrain
Autrefois très rare, le miellat se récolte de plus en plus fréquemment. Contrairement au nectar de fleur, il provient de substances sucrées sécrétées par certains insectes à partir d’arbres, comme les sapins et feuillus, et ensuite retravaillées par les abeilles. Plus sombre, ce miel particulier est très apprécié et recherché. « Cette production est peut-être liée au changement climatique », avance-t-il.
Face aux bouleversements climatiques et aux frelons asiatiques, qui menacent les abeilles, l’apiculteur invite à la vigilance. Pourtant, ces défis n’entament en rien son enthousiasme : « Cette activité aussi plaisante qu’apaisante permet de communier avec la nature et de redécouvrir en début d’année ce microcosme essentiel à notre écosystème. »

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