Avec son chœur, ce gaillard-là a tout pour vous accrocher !

Par Kevin Vaucher

France, Zurich, Bâle puis La Chaux-de-Fonds : Quentin Gaillard a bien roulé sa bosse avant d’arriver dans nos Montagnes. Ce banquier devenu enseignant a souvent changé « de peau » et de lieux de vie durant son parcours mais il y a une chose qui ne l’a jamais quitté : la musique ! Comme accrochée à lui, elle l’a donc logiquement accompagné jusque dans le Haut où il dirige La Croche-Chœur depuis 2022. Cette année, leur concert annuel mettra le compositeur Mozart dans tous ses états.

La Croche-Chœur a perdu des plumes en termes d’effectif durant le Covid. Mais il compte encore une grosse quarantaine de membres. Ce qui satisfait pleinement le chef de chœur Quentin Gaillard. « Ce nombre est idéal parce qu’il nous permet de nous frotter à des œuvres d’une certaine dimension avec un orchestre. Surtout, l’état d’esprit du groupe est super bon. Je pense que le lien très fort qui unit toutes ces personnes a grandement participé au fait que la chorale ne disparaisse pas pendant la pandémie, comme tant d’autres. »

Faire avec l’héritage laissé par Nathalie Dubois
S’agréger au groupe n’était d’ailleurs pas un défi gagné d’avance pour lui : « Je suis arrivé derrière la cheffe Nathalie Dubois qui a fondé le chœur en 2001 et qui a été à sa tête jusqu’en 2022. Elle y avait forcément laissé son empreinte. Du coup, j’ai d’abord dû identifier le fonctionnement collectif tout en apprenant à connaître chacun et chacune. Cela a été un travail important pour pouvoir, ensuite, « mettre ma patte » et créer les équilibres que je souhaitais avoir. » Au final, cela donne un chœur capable d’interpréter des œuvres exigeantes avec d’importantes parties assurées par 4 solistes.

Douze mois de travail à découvrir les 14 et 15 novembre
« Comme on travaille très longtemps sur chaque pièce – environ 11 à 12 mois entre chaque concert annuel –, on arrive avec une prestation pensée et aboutie à chaque fois », assure Quentin Gaillard. Cette année, les 2 représentations de leur concert auront lieu les 14 novembre (19 h) et 15 novembre (17 h), au temple Farel. Si le chef de chœur a porté son choix sur une valeur sûre (Mozart), il s’est lancé le challenge d’explorer différentes facettes du compositeur. « Durant sa carrière, ses œuvres musicales ont naturellement évolué et elles se sont affirmées au fil du temps. Au début, il était forcément très influencé par le travail de ses maîtres en composition et il est amusant d’essayer d’en trouver des traces dans ses créations. On va par exemple débuter le concert avec une pièce qu’il a créée quand il avait 12 ans. »

Présence du très réputé orchestre Freitagsakademie
Étant donné que Mozart est mort à l’âge de 35 ans, la pièce de conclusion du concert, qu’il a écrite à ses 20 ans, sonne déjà comme une œuvre de maturité. Pour accompagner La Croche-Chœur, un dispositif spécial sera mis en place au niveau de l’orchestre : « Il sera plus étoffé que d’habitude avec la présence de la Freitagsakademie, très réputée et fondée à Berne. Cette touche alémanique se doit sans doute à l’expérience de Quentin Gaillard qui est notamment passé par la haute école d’art de Zurich puis à la haute école pédagogique de Bâle durant son parcours musical et professionnel qui l’a vu troquer son costard de banquier pour le costume d’enseignant, sans jamais mettre son « trois-quarts » de chef de chœur au placard. Ça, c’est du grand art, sacré Gaillard !

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