L’édito

Par Anthony Picard

Ceux qui, hébétés, ont assisté devant leur TV aux attaques kamikazes à l’avion-bélier d’il y a 25 ans sur sol américain s’en souviennent. 2753 morts, des blessés par milliers et un choc planétaire retentissant. Avant ce séisme, les signes avant-coureurs n’avaient pas manqué. Dar es Salam, Nairobi, Aden, des lieux choisis par Al-Qaïda pour frapper les intérêts américains et se mettre sur le devant de la scène. Léthargie des services secrets, complicité de dirigeants pro-Ben Laden, qualité de préparation des attentats expliquent que l’opération ait pu aboutir. Plantés devant le poste, nous sommes des milliers à nous être frotté les yeux en assistant en direct au crash des avions et à l’écroulement des Twin Towers. Ce jour-là, 3 des 4 avions détournés ont frappé leur cible alors que le dernier s’écrasait pendant que des passagers tentaient d’en reprendre le contrôle.

Il y a 25 ans, la civilisation s’écroulait !

Un demi-siècle après, le bilan ne cesse de s’alourdir. Des victimes qui ont succombé depuis et de nouveaux cadavres, civils et militaires, tombés des suites de la vengeance, parfois aveugle des USA, déclarés en guerre juste après les événements. Traque d’Oussama Ben Laden, renversement des talibans, liquidation de Saddam Hussein, destruction de groupes terroristes, les représailles US ont coûté la vie à 940 000 personnes dont 450 000 civils. Écroulement d’une forme d’insouciance, ça se discute ; de l’état de droit certainement et ce n’est pas Khalid Cheikh Mohammed, un justiciable de Guantanamo qui dira le contraire.

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