Le Ô a réuni son cercle pour une soirée mortelle !

Par Kevin Vaucher

Comme chaque année depuis sa naissance, en février 2022, Le Ô a réuni « son cercle », constitué des acteurs forts de la région, pour une soirée basée sur l’échange et le partage autour d’un thème spécifique. Cette année, c’est la santé qui était au cœur du débat avec cette question pour laquelle certaines personnes serait prête à… tuer. Non, c’est un mauvais jeu de mots, pardon. Voici donc la question qui attise toutes les convoitises :
comment vivre longtemps en bonne santé ?

Réunis dans le bel écrin du Club 44, les participants à la soirée ont d’abord vu arriver le fringant Antonio sur scène. Son âge ? 81 ans ! Son objectif : « Dépasser la barre fixée par mes parents », lance-t-il d’un air anodin. Ce qui signifierait quand même atteindre les
94 ans. Il y a encore un peu de marge, même si l’homme est encore plein de vivacité. De quoi donner des cheveux gris à la fameuse phrase de Charles de Gaulle (évoquant
Philippe Pétain) qui voyait la vieillesse comme un naufrage…

Comment éviter le « naufrage de l’âge » ?
Alors, comment éviter le naufrage ? La recette d’Antonio est simple et double en même temps : se nourrir de ses passions (le modélisme dans son cas) et de bénévolat « qui permet de mieux vivre tout en soutenant des belles causes. » Une fois cette entrée en matière réussie, une table ronde a été « dressée » par le journaliste et collaborateur apprécié du Ô Patrick Fischer. Mélanie Boivin (médecin du sport et généraliste), Julien Borloz (coach et psychologue) ainsi que Olivier Schnegg (ancien directeur du home Les Charmettes) y ont pris place. De quoi décomposer certains mythes, décrypter la question sous tous les angles et donner quelques conseils en passant.

La retraite, un cap à bien négocier
Les 10 000 pas à faire par jour pour rester en bonne santé, mythe ou réalité selon vous ? Mélanie Boivin répond : « La société tente d’imposer un cadre qui n’est pas applicable en pratique. Marcher dépend de son âge, de sa forme physique et de nombreux autres critères. Il n’y a pas une seule vérité vraie. » D’autant plus qu’intervient aussi une autre variable dans l’équation. « Certains me disent que la retraite, c’est le début de la mort. Je leur réponds que c’est surtout une question d’état d’esprit », ajoute le psychologue Julien Borloz.

Ne pas se comparer aux autres pour bien vivre
Ce n’est pas à Olivier Schnegg qu’on apprendra l’importance du psychisme dans le fait de bien vieillir : « J’ai côtoyé la frange de la population qui souffre. C’est-à-dire les personnes âgées. Quand on n’y est pas directement confronté, on peut avoir une vision idyllique de la vieillesse. Celle qu’on nous vend « sur le papier » avec de l’argent de côté, une bonne santé et beaucoup de temps libre. » Et c’est quoi la réalité des faits ? « Ce qui compte, c’est surtout de s’approprier les effets de l’âge qui vont naturellement jusqu’à la déchéance physique. » Et pour y arriver, il y a quelque chose à éviter absolument : se comparer aux autres.

Accompagner quelqu’un signifie parfois le « laisser partir »
« L’esprit de compétition ne disparaît pas en entrant dans un home. Heureusement, certains arrivent à se détacher de cela après quelques temps et j’ai constaté qu’ils vivaient bien mieux comme ça », poursuit l’ancien directeur des Charmettes. « Accepter la nouvelle image que l’on renvoie est donc primordial », corrobore Julien Borloz. « La mobilité et l’autonomie ne doivent pas être oubliées non plus », ajoute encore Mélanie Boivin. Cela commence à faire beaucoup d’éléments dans la recette du « bien vieillir » si on y ajoute encore le sentiment d’exister pour quelqu’un sans être infantilisé par cette personne. « Oui mais parfois, accompagner quelqu’un est aussi savoir le laisser partir sans s’acharner médicalement », termine Olivier
Schnegg. Là, ça en devient presque un casse-tête mortel…

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